Cyclotourisme, ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles ANTONIN, premier président de la FFCT.
Cyclotourisme : Tandem noir raconte ses voyages et randonnées à vélo, en tandem, le plus souvent en cyclo-camping.

 

 

Notre sélection de romans et récits (suite)

 

Jules Romains
Les copains
Coll. Folio
Gallimard, 1922 pour la première édition

Nombre d'entre nous associent Jules Romain à Louis Jouvet dans le rôle du fameux Docteur Knock. Pour les cyclotouristes, Jules Romains est l'auteur de très belles pages sur le plaisir de rouler sur une route tranquille de nuit. Souvent des citations de ces belles pages sont reprises. Mais même s'il n'est pas dédié à la bicylclette, ce roman mérite notre attention. Cette farce qui se moque de l'autorité et vante l'humour créateur est admirable. Et les fameuses pages sur la bicyclette sont si belles !


"- Mon vieux ! je suis heureux ! Tout est admirable ! Et nous glissons à travers tout sur de souples et silencieuses machines. Je les aime, ces machines. Elles ne nous portent pas bêtement. Elles ne font que prolonger nos membres et qu'épanouir notre force. Le silence de leur marche ! Ce silence fidèle ! Ce silence qui respecte toute chose.
- Moi aussi je suis heureux. Je nous trouve puissants. Où sont nos limites ? On ne sait pas. Mais elles sont certainement très loin. Je n'ai peur d'aucun instant futur. Le pire évenement, je passerai dessus, comme sur ce caillou. Mon pneu le boirait... à peine une petite secousse... Je n'ai jamais conçu, comme ce soir, la rotondité de la terre."

 


 

Herbert Georges Wells
La burlesque équipée du cycliste
Coll. Folio
Gallimard, 1906 pour la traduction française

H.G. Wells l'auteur de la Guerre des Mondes (1898) entre les martiens et les humains, a nourri le cinéma. Auteur de roman d'anticipation, il a écrit ce petit roman sans grande prétention. Sur une vague intrigue, il nous conte une petite amourette, à une époque où la possession d'une bicyclette était encore un signe de richesse. C'est très fleur bleue ! Mais, il est plaisant de voir le jeune Hoopdriver prendre ses premières vacances à bicyclette à travers la campagne anglaise. On sourit à ces débuts difficiles : notre cycliste débutant chute beaucoup et son manque d'entraînement le fatigue. Mais heureusement, il y a l'amour propre (cher à Velocio !).


"L'autre cycliste montait une machine neuve, dont les pièces brillaient au soleil. Pour l'instant, assis à terre, il tenait un pneu crevé sur ses genoux. (...)
En l'apercevant, M. Hoopdriver se redressa, et ce fut avec l'assurance d'un vieux routier qu'il passa près du cycliste en panne.
- Une matinée splendide ! - fit-il, - et une route excellente !
- Que la matinée, et vous, et la route, aillent à tous les diables, - grogna l'autre, pendant que Hoopdriver s'éloignait.
Mais notre héros entendit le murmure de la réponse sans en distinguer les mots, et il éprouva simplement l'agréable satisfaction d'avoir dûment affirmé la vaste fraternité des fervents de la pédale. (...)
M. Hoopdriver, lui, grimpa de son mieux la montée de Cobhan, jusqu'à un point de la côte où il fut bien sûr d'être hors de vue de l'autre. Là, il descendit, et poussa sa machine à la main jusqu'à ce que l'approche du village et son amour propre l'eussent remit en selle une fois de plus."



 

Paul Fabre
Diagonalement Vôtre
Amicale des Diagonalistes de France, 2001

A se procurer directement chez l'auteur : Paul Fabre - BP 33122 - F-30103 Alès.

Amoureux de la randonnée, avaleurs de kilomètres, et voyeurs insatisfaits de paysages, lisez Diagonalement Vôtre. C’est du vécu, c’est drôle, c’est de l’expérience !
Les kilomètres vous font peur ! Mais non, juste un peu de volonté, de courage, et ça ira ! Suivez Paul FABRE, le fameux Eddius, dans les coulisses de la grande randonnée ! Et dans son style ENAURME !
Un vrai plaisir, à ne surtout pas bouder ! Même si vous n’effectuez jamais de Diagonale, lisez le pour sourire, et pour les conseils qui y sont distillés.


"On rappellera que les cyclotouristes, et donc les diagonalistes, entendent le nombre d’heures mises à parcourir un itinéraire donné comme le temps total compris entre le moment du départ et celui de l’arrivée, et non, comme le nombre d’heures réellement passées par eux sur leur bicyclette. Ainsi un cyclotouriste qui part de Brest et qui arrive à Menton 116 heures après, ayant roulé par exemple 15 heures pendant 5 jours, ne dira pas qu’il a mis 75 heures pour accomplir sa Diagonale. Cette façon de compter est celle du coureur, elle flatte la moyenne et masque le temps effectif qui a été nécessaire pour aller du départ jusqu’à l’arrivée. Au contraire notre diagonaliste dira seulement et simplement qu’il est parti de Brest le lundi à 4 heures du matin par exemple et qu’il a atteint Menton le vendredi à minuit, et donc qu’il a couvert la distance, non pas en 75 heures, mais bien en 116 heures. Si Bernard Hinault, par exemple encore, comptait comme les diagonalistes, on ne dirait pas à son propos qu’il a couru son dernier Tour de France vainqueur, en 1985, à 36,35 km/heure de moyenne mais qu’il lui a fallu une bonne vingtaine de jour pour le parcourir. Notre diagonaliste, au cours de son Brest-Menton, aura roulé, temps de pédalage et de repos compris, à 12,07 km/heure de moyenne ; alors que dans son Tour de France, en comptant de la même façon, le Blaireau n’aura roulé qu’à … 7,78 km/heure de moyenne !
Cela ne saurait signifier, bien entendu, qu’il est un seul diagonaliste assez prétentieux ou assez naïf pour se comparer à Hinault ou à Merckx, ni pour imaginer pouvoir rouler à leur vitesse … Il ne faut comparer que ce qui est comparable. Mais ce que nous venons de dire rappellera quand même que les coureurs ne roulent aussi vite que parce qu’ils se reposent longtemps ; en revanche, le diagonaliste avouera modestement que, s’il ne se repose pas aussi longtemps qu’eux, c’est parce qu’il ne sait ni ne peut rouler aussi vite…"

 


 

Paul Fournel
Besoin de vélo
Collection Points
Ed. Seuil, 2001

Ce livre sorti en mai 2001 est maintenant édité en collection de poche. Voilà un petit cadeau pas cher à s’offrir.
Paul Fournel est vraiment un passionné du vélo qui raconte tous ces petits moments que nous avons tous partagés (notre bronzage, nos vélos-sur-mesure, nos sensations, … notre amour du vélo). On y plonge avec plaisir, c’est si bien écrit !


"Les cartes routières sont pour moi des machines à rêves. J’aime les lire comme on lit des livres d’aventures. En tant qu’automobiliste, je les utilise pour le plus court chemin, pour les longues rues qui joignent les villes aux villes sans passer par la campagne. Cycliste, je les utilise pour tout le reste. Si je connais le coin, chaque centimètre de la carte est un paysage qui se déplie. Si je ne le connais pas encore, chaque centimètre est un paysage que j’imagine et que j’explorerai."



 

 

 

 

 

 

 

Dider Tronchet
Petit traité de vélosophie
Ed. Plon, 2000

La bicyclette pour aller tous les jours au travail, faire ses courses, se déplacer en ville. Didier TRONCHET, le père de Raymond Calbut anti héros de la BD, est un pratiquant de tous les jours. A Paris en Vélo, on dépasse les Autos … ! Son livre est une belle plaidoirie pour laisser sa voiture au garage et continuer à rouler tous les jours de la semaine. Mais aussi, une réflexion philosophique sur les travers de notre circulation urbaine et de nos comportements.
Et parfois, notre cycliste part en voyage et devient, alors … un cyclo des champs.



"« J’arrêterai la voiture pour le vélo quand il n’y aura plus de pollution. »
Air connu. Et grave erreur. Toutes les études le montrent : en voiture on subit AUTANT les effets de la pollution atmosphérique qu’à vélo (davantage de gaz d’échappement respiré par l’automobiliste dans son habitacle qui emprisonne le CO2, mais plus de particules de poussières pour le cycliste au grand air : pour les deux paires de poumons concurrentes résultat équivalent).
Dès lors, comment en finir avec la pollution ? Inutile d’imaginer des solutions scientifiques complexes. Un simple jeu avec les mots suffit, petit tour de magie sémantique, gratuit et imparable : inversons la phrase mot pour mot.
«  Il n’y aura plus de pollution quand j’arrêterai la voiture pour le vélo. »
"
 


 

Sempé
Raoul Taburin
Ed. Denoël, 1995

Sempé, le dessinateur des choses simples de la vie, est sans doute un amoureux de la bicyclette. En 1960, avec son compère Goscinny, il avait réalisé un monument d'humour avec Le petit Nicolas. Le fameux défi entre le papa du petit Nicolas et Monsieur Blédurt, le voisin, nous a valu de sourire jusqu'à la sentence finale : "les papas, c'est toujours pareil, ils font les guignols, et, si on ne fait pas attention, ils cassent les vélos et ils se font mal". En 1977, il nous avait ravis avec une Simple question d'équilibre. En 1995, ce fut la très belle histoire de Raoul Taburin, le marchand de cycles de Saint-Céron. Comme, toujours, c'est le même trait fin, les couleurs pastels, la poésie.

 


 

Felix
C'est Grand-Père qui a inventé la bicyclette
A paraître, en attente de trouver un éditeur

Félix est un illustrateur bien connu des lecteurs de Cyclotourisme, du 650 ou du Randonneur. Depuis quelques temps, il nous a habitués à un humour de plus en plus décalé. Avec ce petit livre au format à l'italienne, il nous conte les aventures de Georges et Zézette, de leur voisin Harry et de quelques autres néanderthaliens, habitants du futur parking du futur Leclerc de Bougival. Et notre Georges, déjà inventeur de la corde à noeuds, du bérêt basque et de la pince à linge, mais en mal d'inspiration d'un "truc utile, pratique, beau et pas cher..." va découvrir la bicyclette - sans cycle en assemblant les os du pépé.

Un livre pour sourire, à lire et à relire pour le bonheur de tous les amoureux de la bicyclette - avec cycles, qui ne fut redécouverte que bien longtemps après !



 








Yves Gauthier
Le centaure de l'Articque
Ed. Actes Sud, 2001

Yves Gauthier raconte l'épopée de Gleb Leontievitch Travine qui, à la fin du mois d'août 1928, partit pour un tour de l'Union Soviétique. Et quel tour ! Partant du Kamtchatka, vers le sud par le lac Baïkal, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Turkménistan, la Crimée, notre Centaure roulera sur toute la côte arctique d'Arkhangelsk à la Sibérie. Ce travail de relecture du journal de voyage de Travine et de collecte d'informations se lit avec plaisir. Les péripéties de Gleb Travine valent tous les "aventures romanesques"... et relèguent bien loin nos récits de voyage en Cyclo-Camping.



"Entre deux pitons de glace, c'est à peine s'il y a la largeur du guidon de son vélo. La banquise malmenée par les courants, ondule sous ses roues avec un grincement strident. Les hummocks, qui vacillent sur leur socle flottant, répercutent la plainte en dansant. Ils menaçent même de se toucher. c'est inquiétant. Le cycliste serait alors emmuré vif. Il lève les yeux. Les crêtes blanches culminent à plus de quatre mètres. Il y en a tant qu'elles bouchent l'horizon. Parfois, elles font barrage et l'obligent à d'épuisants détours au prix d'une incessante gymnastique d'orientation : surtout bien garder le cap vers l'est."
 








Edouard de Perrodil
Vélo ! Toro !
Ed. Flammarion, 1894

ré-édité par le Pas d'Oiseau, 2006
176, chemin de Lestang - 31100 Toulouse

Le Pas d'Oiseau est une nouvelle maison d'édition qui a eu l'excellente idée de rééditer Vélo ! Toro !, le premier récit d'Edouard de Perrodil. Ce journaliste, qui fit aimer la bicyclette à Pierre Giffard (créateur du Paris-Brest et retour), réalisa, en 1893, à 35 ans une première randonnée entre Paris et Madrid avec son compagnon Henri Farman (le futur héros de l'aviation). Il s'agissait d'une randonnée avec pour objectif la réalisation d'un temps (un record) sur un parcours inédit, même si son auteur savait parfaitement qu'il s'agissait plus d'un voyage sportif que d'un réel record.

Ce récit relate le déroulement d'une randonnée rapide, avec des étapes de 300 km, réalisée en 10 jours. Il est plaisant à lire avec ses anecdotes d'un autre âge. A cette époque, la bicylette était encore l'apanage des milieux aisés et le record pâtit des réceptions dans les cercles cyclistes et chez les notables. Après la pluie, en France, le duo aura à souffrir de la chaleur en Espagne et des routes en mauvais état. Et il y aura aussi les côtes !



"On continuait l'ascension. Douze kilomètres, c'était interminable, la côte allant en lacets, nous réservait à chaque tournant la désagréable surprise de la voir se dérouler toujours en nouveaux serpentins. Nous allions tantôt à pied, tantôt en machine ; il était onze heures ; nous avions une faim dévorante, et la perspective d'une heure de marche sans la moindre habitation. Par exemple, on nous avait prévenus qu'au sommet de la montagne existait une excellente auberge, où nous pourrions trouver franches lippées.
Maintenant nous sommes seuls, Boyer, Farman et moi ; Damour et le jeune cycliste de Saint-Sébastien, qui avait tenu bon durant quelque temps avec lui, restaient décidément en arrière ; nous continuons cependant notre marche ; nous ne pouvons songer à attendre qui que ce soit ; après une quinzaine de minutes, on s'arrête, on se retourne : les voici tous deux, là-bas, tout là-bas, ainsi que deux insectes, gravissant la côte. L'effet est vraiment divertissant, on se fait quelques signaux à l'aide de mouchoirs. Puis, on grimpe, on grimpe toujours. J'ai une faim absolument dévorante. Il y a de quoi; nous n'avons rien absorbé de solide depuis trois heures du matin."
 








Julien Leblay
Le Tao du vélo - Petites méditations cylopédiques
Ed. Transboréal, 2010

Julien Leblay est un cyclo-voyageur "(cyclonomade" comme il se nomme) pour qui le vélo fut une thérapie. Il a aussi créé une association afin de nous sensibiliser au don du sang : Les voyageurs au grand coeur. Dans ce petit opuscule, il nous livre ses réflexions sur le voyage au long cours à vélo. Même si vous n'avez pas fait le tour du monde à vélo et que vous êtes un simple cyclo-campeur estival, vous prendrez plaisir à lire son propos.



"(...)Le voyage à vélo n'est pas une succession de sites touristiques exhibés comme des trophées. La satisfaction qu'il procure est ailleurs. Un bivouac près d'une rivière, un coucher de soleil dans une vallée, un bras levé dépassant d'un camion : voilà les humbles joies dans lesquelles le cyclonomade trouve son contentement. Les hauts lieux culturels en deviennent secondaires ; la route est à elle seule une attraction, nourissant de mille détails atypiques la curiosité de celui qui y prête attention. La bicyclette permet l'exploration du monde à vitesse humaine, ni trop lente pour qu'on se lasse, ni trop rapide pour qu'on soit frustré. Elle offre le compromis idéal entre progression et découverte. On s'en rend d'autant plus compte lorsqu'on rencontre des voyageurs qui ont choisi un moyen de transport différent.(...)"