Cyclotourisme, ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles ANTONIN, premier président de la FFCT.
Cyclotourisme : Tandem noir raconte ses voyages et randonnées à vélo, en tandem, le plus souvent en cyclo-camping.

 

 

Technique et histoire du vélo

 

Docteur Ruffier
Vive la bicyclette
Ed. Physis, 1929

Le Docteur James E. RUFFIER fut un propagateur du cyclotourisme et de l'effort physique. A relire ses chroniques autobiographiques parues dans Le Cycliste, il fut sans doute beaucoup plus Cyclosportif que Cyclotouriste. Cependant, il réalisa de nombreux voyages à tandem avec son épouse dans les Alpes, en Corse, vers les Pyrénées, en Bretagne. Pour celà, il est une des références pour nous tandémistes.
Il fut aussi un technicien passioné de la bicyclette et du geste cycliste (position, pédalage etc...).
Avec ce livre, Vive la bicyclette !, il rédigea un ouvrage important de vulgarisation sur la pratique du cylotourisme. Il fut pour toute une génération de cyclistes, l'ouvrage de référence.
Pour se procurer cet ouvrage incontournable, vous devrez "faire" les bouquinistes ou bien vous rapprocher des Amis du Randonneur qui en proposent une version numérisée.


" Je vous répète que vous vous en êtes bien tiré. Il vous suffira de persévérer pour devenir un as de la route. Mais persuadez-vous bien que savoir monter à bicyclette ne consiste pas seulement à savoir garder son équilibre sur deux roues. C'est une erreur trop répandue, et qui a les conséquences les plus fâcheuses. Personne ne s'imagine qu'il y a « un art de monter à bicyclette », une technique du pédalage. Personne, en conséquence, ne s'initie à cette technique. Si quelques-uns la découvrent spontanément, par chance ou grâce à leurs aptitudes très prononcées, la plupart de nos sept millions de cyclistes l'ignorent. D'où, pour quelques milliers de bons pédaleurs qui aiment la bicyclette parce qu'elle leur est d'une pratique aisée, une foule innombrable de pédards qui déshonorent la bicyclette.
- Aux dieux ne plaise, M. Majoret, que je sois de ces infâmes pédards que vous stigmatisez si sévèrement! Je veux m'initier à l'art de monter à bicyclette, je veux pénétrer à fond la technique du pédalage. Vous m'apprendrez toutes ces belles choses.
- Bien volontiers, mon cher ami. Car je suis convaincu de vous rendre un grand service. Quand vous saurez pédaler proprement, la bicyclette vous apparaîtra comme le plus agréable des engins de transport, vous en tirerez des joies qui enchanteront tout le reste de votre vie."



 

Henri de La Tombelle
Manuel de Cyclotourisme
Ed. J. Susse, 1943

Henri de La Tombelle était un poète, un canoëiste et un cyclotouriste. Il fut l'auteur de nombreux poèmes qui furent imprimés dans Le Cycliste. Mais il fut aussi un ardent propagandiste d'un cyclotourisme amoureux de la nature. Avec Henri de la Tombelle, nous sommes sur un autre aspect de la pratique que celle du Docteur Ruffier : prendre son temps, voyager pour voir. Pour lui le cyclotourisme, "c'est le moyen non seulement de découvrir des paysages, mais de s'unir à eux. (...) L'union de l'homme périssable avec la palpitante éternité de la Nature"
Dans cet ouvrage, il passe en revue la technique (le vélo utilitaire, la bicyclette de cyclotourisme, le tandem) mais surtout "l'Art du cyclotourisme". Dans ce chapitre, il raconte tout ce qui fait le charme de notre activité : le Voyage Itinérant.


" Le casse-croûte en vue du col ! Tel est l'instant le meilleur. Calmer sa faim, apaiser sa bonne fatigue en pleine action, à la borne 2 ou 1 du sommet. Je recommande cette délicate jouissance aux quintessenciés du bonheur, du bonheur notre but de tous les instants, notre mobile inconscient, notre maître avoué ou non. Le tourisme en montagne est un art. Il faut lui faire rendre le maximum de plaisir. Recherchez les côtes très longues. Gravissez-les avec calme et patience. Elevez-vous dans un serein effort ; et ne cherchez pas dans la descente des joies extraordinaires.
Ces joies ne sont que relatives parce que données à tous et empreintes des facilités du toboggan qui, en somme, n'amuse que les paresseux. Enfin ; souvenez-vous que l'on ne voit, ne découvre, ne sent la montagne qu'en s'élevant.
De l'Impur au Pur. Tel est le sens unique qui s'impose à notre esprit comme à notre âme de cyclotouriste chercheur de voluptés."



 

Jean Bobet
Cyclisme de plaisance
Ed. Prosport, 1980

Jean fut un équipier hors pair de son frère, l'élégant Louison Bobet. Il fut aussi champion du monde de cyclisme universitaire. Et surtout, il n'a pas raccroché son vélo à l'issue de sa carrière. Il est devenu un "vrai" cyclotouriste, passant de la compétition à la plaisance. Ce petit ouvrage est superbement documenté sur l'histoire, la technique, le cyclotourisme à la FFCT et accompagné d'un très didactique abécédaire. Jean Bobet aborde ainsi une foule de sujet : de la mémoire de certains anciens à la technique du pédalage, du record de l'heure aux livres à connaître. On y trouve à la lettre R, une Rétrospective de son ascension du Mont Ventoux en 1955 lors du Tour de France et celle plus sage qu'il effectua 22 plus tard en cyclotouriste paisible.


"C'est le Chalet Reynard. Une véritable place publique, un immense parking, absolument vide. Plus d'arbres. Des cailloux blancs et, aucun doute, de la neige aussi, en haut. Parce qu'on voit enfin le sommet. La traversée relativement plate du parking me soulage. En trois cents mètres, j'ai l'impression de récupérer. J'en avais bien besoin. Encore une pancarte : mont Ventoux fermé. Mais puisque j'y suis, j'y vais...
Alors, le voilà, le Ventoux des cailloux, celui dont je me souviens. La route est améliorée, elle n'était pas si bonne, elle n'était pas si large. Les bas-côtés n'étaient pas aménagés en 55... Mais le plus surprenant, c'est le pourcentage. De 38x26, je passe sur 38x24. A l'aise. Et le pourcentage, lui n'a pas pu changer.
L'attaque d'un col en course est tellement difficile qu'au sommet les coureurs sont vidés de toute force. D'ailleurs, ceux qui prennent leur temps, en bas, réussissent des remontées fantastiques en haut. C'est un peu ce que j'avais fait en 55. Un peu seulement parce que je n'étais quand même pas très "net" au sommet.
Aujourd'hui, c'est chouette en tout cas (...)"



 

F. Piednoir, G. Meunier, P. Pauget
La bicyclette - Aspects pratiques et médicaux
Coll. Sport et santé - Ed. Médicales et universitaires, 1978

L'intérêt de cet ouvrage est d'essayer de rationaliser un certains nombres de pratiques très empiriques du vélo. De plus, cet ouvrage s'adresse plus au cyclotouriste qu'au coureur cycliste (qui lui peut disposer de très nombreux ouvrages sur ce sujet).
A partir de la morpholgie et de la physiologie du cycliste, c'est la postion sur le vélo (le cadre, la longueur des manivelles, la largeur du cintre), les braquets (endurance et résistance, cadence idéale, gammes de développement), l'habillement, l'alimentation.
Un bon ouvrage écrit par des médecins mais aussi des pratiquants : "Beaucoup de ce qu'il ne faut pas faire, nous l'avons fait et nous savons, ce qu'est une fringale, un coup de chaleur ou un mal au genou."


"Les écarts entre les braquets doivent être réduits au maximum afin de ne pas modifier d'une manière trop importante la cadence de pédalage à chaque changement de vitesse. En effet, répéter un mouvement d'une manière régulière facilite la succession et le déroulement de ce mouvement.
Tout se passe comme si une parfaite synchronisation de l'ensemble des fonctions de l'organisme était nécessaire pour l'obtention d'un rendement idéal. Cette synchronisation ne peut s'obtenir que par le biais d'une activité cadencée. Respiration, battements cardiaques, contractions musculaires... tendent à accorder leur fréquence.
Le besoin de cadence n'est réel que dans trois circonstances. Lors de très longues sorties (plus de 200 kilomètres), elle est indispensable pour rendre le pédalage quasi automatique. Ensuite la recherche d'une grande vitesse sollicite les muscles qui supportent d'autant moins les variations de cadence. Enfin, la montée d'un long col qui ne laisse que rarement de répit au pédaleur, ne peut se faire que d'une manière cadencée pour éviter la souffrance musculaire.
En fait, ce qui importe, c'est de bien répartir son effort dans le temps."



 

Jacques Seray
Deux roues - La véritable histoire du vélo
Ed. du Rouergue, 1988

Jacques Seray fut celui par qui le scandale arriva. En juillet 1976, dans Cyclisme-Magasine, l'auteur dévoila que l'histoire du cycle écrite par Baudry de Saunier en 1891 commencait par une erreur. Célérifèré et Vélocifère étaient présentés comme les ancètres de la draisienne (contre-vérités reprises même par le dictionnaire Larousse à l'époque). Jacques Seray dans ses recherches découvra que ces engins étaient des calèches. Est-ce par anti-germanisme ou par mauvaise documentation que Baudry de Saunier se trompa ? En tout cas, il fallut attendre 85 ans, pour que la vérité fut remise à plat. Jacques Seray revient dans son ouvrage sur ce mythe, mais aussi sur la pédale, le grand-bi, la bicyclette. Il s'agit d'un ouvrage indispensable à tout cycliste. On y retrouve tous les noms de ceux qui ont participé à l'évolution du vélo : Drais, Niepce, Johnson, Macmillan, Michaux, Olivier, Lallement, Ader, Suriray, Lawson.


"Le terme "bicyclette" est né en Angleterre, découlant du vocable bicycle, (..) auquel on a accolé un diminutif de nature française. Toutefois le mot bicyclette n'a pas été forgé par Lawson, ainsi qu'on le dit souvent. En tout cas, il n'apparaît pas dans son brevet de 1897. Ce n'est que plus tard qu'on le trouvera sur des catalogues avec "The Rudge Bicyclette Dwarf Safety". Il faudra attendre 1886. Exporté, le terme trouvera son succès en France."



 

Jacques Seray
1904 - Ce Tour de France qui faillit être le dernier
Edité par l'auteur, 1994

A se procurer directement chez l'auteur : Jacques Seray - 8 allée de Normandie - F-78140 Vélizy-Villacoublay

Jacques Seray nous conte dans ce petit livre l'histoire tumultueuse du second Tour de France. A cette époque, le déroulement de la course ressemblait plus à une grande randonnée avec ses départs à la nuit et l'interdiction d'assistance entre les contrôles. Dans certains passages du livre, nous retrouvons l'ambiance du PBP avec la soupe au contrôle préparée par l'épouse.
Cependant, ce second Tour fut riche en événements dramatiques : tricheries (assistance en dehors des points de contrôles comme au PBP), attentats (heureusement pas comme au PBP) et finalement déclassement des 4 premiers à l'arrivée.


"Des dizaines d'énergumènes, le poing tendu, se ruèrent vers les cyclistes. Garin réussit à s'enfuir, non sans avoir reçu un poing en pleine figure et pris un coup à la jambe droite. Pour Pothier, ce fut le bras gauche qui trinqua. Il en hurla de douleur.
Aucouturier, lui en était à se débattre, au coeur du tumulte.
- Laissez-moi passer ! insistait-il.
C'est alors qu'il reçut un coup sur l'épaule. Sa moustache en frémit. Il se retourna, le visage marqué par la colère. En un éclair, il se métamorphosa en boxeur. Un uppercut partit. Mais d'autres énergumènes s'approchaient.
-Laissez-moi passer, bon sang !
On le vit saisir son vélo et le faire tournoyer autour de sa tête. Cela le dégagea."



 

Keizo Kobayashi
Histoire du vélocipède de Drais à MIchaux 1817- 1870 - Mythes et réalités
Ed. Bicycle Culture Center Tokyo, 1993

Keizo Kobayashi, après un tour du Japon à Bicyclette, se fixera pour un temps en France afin d'effectuer des recherches sur l'histoire de la bicyclette. Le présent ouvrage est le texte de la thèse qu'il présenta pour le l'obtention du diplôme à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris. A la suite de Jacques Seray qui démystifia le célérifère et le vélocifère, l'auteur a été à la source des inventions du baron de Drais, de Michaux. Mais aussi du rôle des frères Olivier, de l'adaptation de la roue à rochet par François Nicolet, et celui du fabricant anglais H-J Lawson qui appliqua la transmission à la roue arrière par chaîne ou courroie.


"D'aucuns considèrent Lawson, fabricant anglais, comme inventeur de la bicyclette, brevetée en 1879. C'est à cause du risque d'accident par chute dû à la grande roue avant du grand-bi, dit-on, que la bicyclette, plus sûre, vit le jour. Pourtant, on envisagea, dès 1869, la transmission de la force motrice à la roue arrière par courroie ou par chaîne. (...)
Un système analogue fut appliqué à un vélocipède de type Michaux et Cie par Desnos-Gardissal, ingénieur de l'Ecole Centrale, dans un certificat d'addition du 23 octobre 1868. Le cadre était plus long et plus allongé qu'un cadre "droit" pour pouvoir installer en son centre un pédalier. La roue arrière, donc motrice, était actionnée "par une courroie ou autrement". La selle était située plus en arrière sur un ressort en forme de triangle. L'idée de Desnos était de "faire fonctionner les membres locomoteurs de l'homme dans la verticale, de manière à mettre celui-ci en état d'utiliser le maximum de force qu'il peut engendrer". Il nous semble que Desnos prit ainsi le premier brevet sur la bicyclette."