Cyclotourisme,
ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles
ANTONIN, premier président de la FFCT.
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La
lettre B
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Barra
Nicolas Barra fut un génial constructeur de cycles
et de tandems avant et après la Seconde Guerre Mondiale.
Ses machines acquirent rapidement une grande réputation
dans le milieu grâce en particulier aux concours de
machines. Dans ces concours, la recherche du poids minimal
d'une machine de cyclotourisme (c'est à dire avec
garde-boue et porte-bagages) était un point crucial,
les deux autres points étant la place obtenue sur
un circuit souvent difficile et le parfait état de
la machine à l'arrivée. Pour aller au-delà
des performances que l'on pouvait obtenir avec des cadres
en acier d'épaisseur 4/10è, il décida
en 1936 d'engager une machine à cadre en alliage
léger dans le "Grand-prix
Duralumin" qui se déroulait dans la région
stéphanoise.
Avant lui, les cadres en alliage léger existaient déjà,
mais le montage des tubes s'effectuait par des manchons octogonaux. Pour le
concours de 1936, il engagea une machine en alliage léger brasé à basse
température, mais elle fut battue au final par une machine à cadre
acier. Le brasage tendre permettait de contourner les difficultés du
brasage fort (très délicat à mettre en oeuvre) et du soudage.
Suite à ce relatif succès, en collaboration
avec les "Tréfileries du Havre", il apprit
à maîtriser le soudage au chalumeau oxydrique
des cadres en alliage d'aluminium
à 6.5 % de magnésium (Alumag). Il eut alors
de nombreuses demandes de cyclos, mais aussi de champions
cyclistes comme René Vietto. Dans son atelier il
réalisait toutes les étapes nécessaires
au soudage au chalumeau des alliages d'aluminium, en particulier
les traitements chimiques de décapage avant et après
soudage. Il déposa alors la marque Barralumin
qui connut un grand succès dans notre monde des randonneurs.
Nicolas Barra construisit ainsi plus de 5000 cadres en alliage
d'aluminium-magnésium (Série 5000) dont des
tandems et même des triplettes. Il va sans dire que
le maître devait avoir une grande aptitude gestuelle
pour manier le chalumeau sur de telles épaisseurs
!
Malheureusement, l'avènement du cyclomoteur, puis
de l'automobile dans les années 1950 le conduisit
à fermer boutique. Dans "Le Cycliste"
de septembre-octobre 1969, pages 205 à 207,
Nicolas Barra revient sur son expérience, dans un
artice intitulé "La soudure des cadres en alliage
léger ou pourquoi pendant 20 ans, Nicolas Barra a
lutté sans relâche pour arriver au résultat
désirable" :
"Si je devais tirer une philosophie
de mon expérience, que j'ai sans doute été
le seul à poursuivre aussi intensément, je
dirais que la fabrication des cadres en alliage léger,
soudés à l'autogène, nécessite
des soins minutieux que ne demande pas l'acier. J'ai suivi,
en cela, les directives de gens qualifiés et spécialisés,
tant aux "Tréfileries du Havre" qu'à
l'"Aluminium Français", qui ont fait subir
à mes cadres des épreuves particulièrement
dures. De cette façon j'ai pu aisément surmonter
les problèmes qui se sont posés à moi
dès le début.
C'est ainsi, par exemple, que j'ai pu établir moi-même, un outillage
et un montage donnant toute liberté à la dilatation et au rétreint
de toutes les soudures (point essentiel de toute cette fabrication) et ceci,
tout en conservant, les mesures demandées par le client, ce qui était
primordial.
Tous ceux qui ont pu me voir travailler dans mon atelier de Saint-Ouen, se
rappelleront sans doute cette méthode de travail adoptée pour
traiter le métal employé, ce qu'aucun des constructeurs qui ont
essayé d'en fabriquer n'a observée, étant trop habitués à la
routine des opérations adoptées pour l'acier. Mais rien n'empêche
que si, demain, un autre mode d'assemblage donnait toute satisfaction de résistance
et évitant une importante main-d'oeuvre - comme c'était le cas
en ce qui me concerne - faisait son apparition, il y aurait sûrement
un très intéressant avenir pour celui qui n'hésiterait
pas à entreprendre une telle fabrication."
Nicolas Barra, ne pouvait pas être plus prophétique
quand on connait maintenant le succès des cadres
de tandem Cannondale et des cadres taïwanais
(avec des soudures qui horrifieraient Monsieur Barra) ou
plus modestement les belles réalisation de Pilorget.
Ceci grâce aux procédés de soudage à
l'arc TIG et MIG mis au point plus tard.
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Bavette
La bavette à l'avant, au bout du
garde-boue, confère un aspect délicatement
ringard au tandem qui la porte. Par jour de pluie, cette
bavette limite les projections sur les pieds du co-pilote
et sur la chaîne de transmission. En effet, avec un
garde-boue seul, les pieds du pilote sont protégés
des aspersions, mais la gerbe d'eau remonte avec un angle
tel que ce sont les pieds du (ou de la) co-pilote qui "prennent
tout". Une bavette descendant le plus bas possible
est donc un élément de confort. Le règlement
du "Grand Prix Duralumin" de 1938 imposait à
la bavette de descendre suffisamment bas (2 cm du sol) pour
assurer son efficacité.
Etienne Bernadet considérait, lui,
que l'absence de bavette faisait perdre 50 % de son efficacité
au garde-boue avant.
Référence
- Etienne Bernadet, A propos du concours
de machines 1938, "Cyclo-Magazine", N°55,
15 août 1938, p.285/287.
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Braquet
"Et je veux pouvoir prendre
un air intelligent quand de parfaits inconnus disent
que chose et truc, ça fait 4,38 m et que truc
et machin, ça fait 4,39 m !" "Albina
et la Bicyclette", Jacques Faizant.
Le braquet, c'est une multiplication qui est en fait
une division. Exprimé sous la forme 52x11, 42x15
ou 26x26, le braquet est en fait le rapport entre le
nombre de dents au pédalier (52, 42 ou 26) et
le nombre de dents du pignon (11, 15 ou 26). Il s'agit
du rapport de notre boîte de vitesse. 52x11 c'est
à dire 52/11 est égal à 4,73. Ce
chiffre représente la multiplication du nombre
de tours de la roue par rapport à notre vitesse
de rotation au pédalier. Sur le 52x11, à
chaque tour de pédalier, la roue arrière
en fait quatre et trois-quart.
Pour obtenir le développement,
il faut multiplier ce nombre par la circonférence
de la roue. Entre une roue de 26" et une roue de
700C, le diamètre est évidemment différent.
Mais cela est vrai aussi entre une roue de 700C équipée
d'un pneu de section 23 et la même roue équipée
d'un pneu de section 35. De ce fait, un braquet de 42x15
peut donner un développement variable entre 5,52
m (pneu de 26"x1") et 5,98 m (pneu de 700x28C).
Il est donc plus important de choisir ses développements
que ses braquets. On veillera, cependant, à privilégier
le rendement dans le choix des braquets. Plus la chaîne
engraîne sur un pignon avec un nombre de dents
restreint, plus la perte de puissance augmente en raison
des frottements mécaniques dus à l'enroulement
de la chaîne. En effet, la tension dans la chaîne
évolue en raison inverse des diamètres
des plateaux. A une tension plus faible correspondent
évidemment des frottements et une usure moindres.
Plutôt que de chercher à obtenir un développement
de 8 m avec un 42x11, il vaut mieux utiliser le 53x14.
Le poids sera très légèrement supérieur,
mais le rendement mécanique sera meilleur.
- Jacques Legrand, Cyclotechnie - Grandes
ou petites dentures, "Le Cycliste", janvier
1955, p. 17.
- Jean-Michel Maucourt, Etudes et réalisation d'un
banc d'essais de transmission de cycle, "Cyclotourisme",
n°299, 1982, p. 309-310.
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Brasage
Définition
du brasage selon la norme ISO 857 (1990)
"Opération consistant à unir
deux matériaux par l'intermédiaire d'un métal
d'apport dont le point de fusion est inférieur à celui
du ou des matériaux de base. Les matériaux de
base ne participent pas à la fusion.
Un flux ou une atmosphère de protection (gaz protecteur
ou vide) ou les deux, peuvent être utilisés."
Fabrication
des cadres
Le brasage est le moyen d'assemblage des
cadres en acier qui est le plus répandu. Le brasage
est en fait une opération d'assemblage dans laquelle
les matériaux à assembler ne sont pas fondus
(contrairement au soudage). Le métal d'apport (la
brasure) est un alliage qui fond à une température
inférieure à celle des matériaux à
assembler. Par exemple, pour les cadres en acier, l'alliage
utilisé est souvent une brasure à base d'argent
et de laiton (désigné sous l'appellation B-Cu60Zn(Sn)(Si)-875/895)
dont la température de fusion se situe généralement
entre 875 et 895°C alors que l'acier a une température
de fusion d'environ 1560°C.
L'opération de brasage s'effectue donc sans fondre
les tubes. Ainsi, il est possible de changer un tube relativement
facilement. Cependant, même s'il n'y a pas fusion,
l'acier n'en sort pas complètement indemne. En effet,
le fait de chauffer l'acier à ces températures
se traduit par un adoucissement de celui-ci et donc par
une fragilité. Tout l'art de nos artisans-constructeurs
est donc de braser en chauffant les tubes au minimum.
Le brasage s'effectue généralement par emmanchement
d'une pièce dans une autre. La meilleure façon
de solliciter une brasure est de la faire travailler en
cisaillement et non en traction pure. Aussi nous avons recours
à des raccords plus ou moins découpés
pour augmenter la résistance des assemblages. Pour
apporter la meilleure tenue mécanique, ces raccords
doivent avoir des tolérances serrées vis à
vis des tubes. Le jeu optimal permettant d'obtenir les meilleures
caractéristiques mécaniques se situe aux environs
de 5 centièmes de millimètre.
Autrefois, nos artisans passaient du temps à recharger
l'intérieur des raccords, puis à les usiner
à la bonne cote. Les raccords sont obtenus en tôle
emboutie, de ce fait, leur forme n'est pas parallèle
aux tubes, mais légèrement conique (dépouille).
Avec une brasure très fluide, il peut donc y avoir
des manques dans la zone de jeu maximal. Le rechargement
s'effectuait par soudage autogène avec un apport
en acier de même nature ou par brasage avec un produit
du type B-Cu60Zn(Sn)(Si)-875/895 (température de
travail 900°C). Après rechargement, le brasage
s'effectuait avec un produit haut de gamme limitant le chauffage
AG 304 - B-Ag40ZnCdCu-595/630 (température de travail
635°C).
De nos jours, de telles opérations sont rares. Généralement
le brasage s'effectue avec un apport laiton B-Cu60Zn(Sn)(Si)-875/895
qui permet de mieux s'accommoder des jeux importants, mais
qui nécessite de plus chauffer les tubes.
La mode actuelle des tubes aux sections
les plus diverses, ainsi que le nombre limité d'angles
disponibles avec les raccords font que nos artisans ont
le plus souvent recours au soudo-brasage.
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Mise à
jour : 14.12.2006
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