Cyclotourisme, ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles ANTONIN, premier président de la FFCT.
Cyclotourisme : Tandem noir raconte ses voyages et randonnées à vélo, en tandem, le plus souvent en cyclo-camping.

 

 

La lettre E

H

XYZ

 

 



 

Eclairage

La mode veut que nos machines soient les plus dépouillées possible. La recherche du gain de poids et la copie des vélos de course font que l'éclairage est maintenant quasiment inexistant. Cependant, le fait de rouler en couple sur un tandem autorise toutes les folies : comme celle de n'être pas rentré pour midi ou de partir bien avant l'aube. Alors dans ce cas, les articles du code de la route stipulent : "La nuit ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout cycle doit être muni" d'un feu de position avant et d'un autre à l'arrière (voir http://fubicy.org/cdlr/eclairage.htm). De plus, la pratique du tandem vous incitera un jour ou l'autre à vous lancer dans des étapes de nuit du type "Flèche Velocio", "Paris-Brest et retour". Dans ce cas, non seulement, il faudra vous faire remarquer des automobilistes, mais aussi éclairer votre route. Cet éclairage peut être amovible (torche avant, feu à 3 ou 5 diodes luminescentes à l'arrière) et/ou fixe (dynamo).

Pour les départs matinaux ou les retours tardifs, l'éclairage par dynamo est l'une des meilleures solutions. Toujours en place, il permet de n'être jamais pris au dépourvu.

André Rabault, dans un article technique paru dans "Le Cycliste" d'avril 1947, "Aurons-nous un jour un éclairage rationnel ?", synthétise un cahier des charges de Bernardet :
"- Intensité lumineuse constante quelle que soit l'allure, sans que celle-ci puisse être, par l'éblouissement, une source de gêne pour les autres usagers de la route ;
- Poids minimum pour une fabrication impeccable éliminant tout risque de pannes ;
- Etre le plus silencieux possible ; facilité d'embrayage et de débrayage de l'alternateur ; ceci sans nuire à l'esthétique de la machine"
.
Les alternateurs sous pédalier ou dans les moyeux, disponibles à ce jour, répondent quasiment à ces obligations.
De plus avec les condensateurs inclus dans les phares et les feux, ils permettent la signalisation même à l'arrêt.

J. Legrand donne quant à lui des indications sur la position des éclairages :
"Pour l'arrière, la première qualité à remplir est évidemment d'être le plus visible possible derrière et sur les côtés. Il semble donc préférable de lui donner un emplacement axial. Tout à l'arrière, il est très exposé aux chocs, sur les bases, il est masqué dans certaines directions et pas tellement protégé contre les chocs, sous la selle entre les haubans, l'emplacement serait parfait si le pilote ne portait jamais de pèlerine. Le mieux semble donc sur le garde-boue, juste à l'arrière du porte-sacoches.
Le feu avant doit évidemment éclairer la route sans que la machine elle-même soit éclairée, ce qui éblouirait le pilote et projetterait des zones d'ombre sur la route, d'autre part, l'expérience prouve qu'il doit être le plus bas possible, pour satisfaire ces conditions ; le seul emplacement convenable est l'avant du garde-boue.
[...] On voit souvent des phares orientés vers le haut, ils sont gênants pour les autres et inutiles pour le pilote ; d'autres pointent franchement vers le sol. La solution est également mauvaise, la route trop éclairée, surtout si elle n'est pas goudronnée, devient éblouissante pour le pilote qui ne voit rien au-delà de quelques mètres. L'éclairage qui fait le mieux ressortir les inégalités du sol est un éclairage frisant et, sous ce rapport, l'emplacement le meilleur pour le phare serait à la hauteur de l'axe de la roue avant, mais nous avons vu plus haut qu'une partie de la route n'est pas éclairée dans ces conditions ; nous orienterons donc notre phare très légèrement vers le bas de telle sorte que son axe rencontre le sol à une cinquantaine de mètres en avant, c'est la meilleure position pour déceler un obstacle à une distance raisonnable, l'éclairement du sol juste à l'avant de la machine, restant suffisant sans être gênant
."

Pour les nycto-cyclades, il est prudent de multiplier les éclairages : alternateur et piles. En effet, contrairement aux feux à diodes luminescentes dont la consommation est très faible, les torches avant sont très énergivores (pour être autre chose qu'un simple feu de position). L'équipage prudent utilisera donc le double éclairage. A ce jour, la meilleure puissance d'éclairage est donnée par les moyeux dynamo (Voir Alternateur).

Il est possible de compléter l'éclairage sur la machine (obligation légale) avec un éclairage par lampe frontale. Les modèles les plus puissants permettent un éclairage au-delà de 150 mètres qui est bien utile pour suivre sa route. Attention, dans le cas d'un éclairage par lampe frontale, le faisceau de lumière au-dessus des yeux du pilote peut le gêner. La solution est alors d'utiliser une casquette : la visière fait écran entre les yeux et la source lumineuse.


Références

- A. Rabault, Cyclotechnie : Aurons-nous un jour un éclairage rationnel ?, "Le Cycliste", n°4, 1947, p. 63.
- J. Legrand, Cyclotechnie : L'équipement électrique des vélos, "Le Cycliste", n°11, 1949, p. 251 et 252.
- http://jeanpba.free.fr/Eclairages_FR.html.



Centreur de roues "Monteur". Dessin de D. REBOUR pour catalogue VAR en 1975.

 

 

 

 

Entretien

Le tandem est un bel engin, mais le matériel monté n'est pas spécifique. Il n'est donc pas forcément adapté aux efforts de deux équipiers. Même seuls, les plus grands coureurs cyclistes développent 500 Watt, ce qui correspond à peu près à deux tandémistes moyens. Et si les coureurs cyclistes disposent de plusieurs machines pour une seule saison, nous n'avons pas tous, les moyens de changer de monture chaque année. Il convient donc de monter sur nos tandems du matériel haut de gamme et résistant (et surtout pas le plus léger) et... de l'entretenir.

Il faut considérer l'entretien de base suivant pour rouler tranquille sans avoir à bricoler sur la route :

Pièces
Périodicité de changement ou de vérification
Pneus et fonds de jantes
6000 à 6500 km (*)
Chaîne de transmission
4500 à 5000 km
Chaîne de liaison
9000 à 10000 km
Dentures de roue libre
4500 à 5000 km
Roulements
Une fois par an
(environ 7000 km)
Patins de freins
7500 à 10000 km

(*) En fonction du type de pneumatique, la durée de vie peut être notablement raccourcie. Un de nos camarades n'a pu réaliser que 1500 km avec des pneus de 700x23 !

Cette péridiocité ne va pas jusqu'à l'usure complète des pièces, mais elle permet de rouler l'esprit libre, avec une machine en parfait état de fonctionnement.

Il convient de plus, après chaque sortie, de nettoyer toutes les pièces (surtout après avoir roulé sous la pluie) et de lubrifier les éléments tournants. En même temps que le nettoyage, il est bon de procéder à un examen visuel pour repérer les éventuels défauts ou pièces à changer.

Tous les ans, nous prendrons soin aussi de démonter et de graisser les tubes de selle et la potence, pour éviter que ces éléments ne se grippent dans le cadre.

 


 

 

Excentrique

L'excentrique est une petite pièce indispensable pour pouvoir profiter pleinement du tandem. Tous les tandems de qualité en possède un. La boîte de pédalier avant est réalisée dans un tube de fort diamètre. A l'intérieur est logée une pièce mécanique en alliage d'aluminium usinée, le jeu de pédalier y est monté de façon à être excentré par rapport à celle-ci. Du fait de sa rotation, cet excentrique permet de modifier la distance entre les deux jeux de pédalier et donc de tendre la chaîne de liaison entre les deux plateaux.
Sans ce composant, la chaîne serait trop lâche et flotterait. Lors d'un entraînement trop brusque ou d'un soubresaut de la route, elle sauterait en dehors des pédaliers. Cela arrive d'ailleurs si la chaîne de liaison n'est pas retendue périodiquement.
Pour ce faire, il suffit de dévisser les deux boulons serrant l'excentrique dans la boîte. Dans un second temps, vous glissez un tournevis ou une clé allen dans un des deux trous de l'excentrique. Et à l'aide de la manivelle mise en butée sur le manche du tournevis, vous faites tourner l'excentrique jusqu'à la tension désirée. La chaîne doit être tendue, mais pas trop. Sinon, il risque d'y avoir un bruit d'engraînement important et une perte de rendement. Evidemment, il convient de resserrer les boulons après réglage pour freiner l'excentrique.

Les puristes, comme Etienne Bernadet, trouveront à redire sur ce dispositif présentant un certain nombre d'inconvénients qui rendraient sa suppression souhaitable.
" Tout d'abord, il est assez lourd. Ensuite, il diminue la rigidité du cadre, les tubes venant se souder sur un cylindre de gros diamètre, de faible hauteur, fendu dans le sens longitudinal et fermé par des pinces, le tout constituant un ensemble assez déformable. Les dimensions du bloc intérieur portant les roulements sont telles que ces roulements sont trop rapprochés (...)
La hauteur et l'avancement de la selle doivent normalement varier en fonction de la position de l'axe de pédalier correspondant. Combien de tandémistes en tiennent-ils compte ?
Enfin, le prix de revient est forcément plus élevé.
On place généralement cette boîte à excentrique sur le pédalier qui ne porte pas le couple d'entraînement. Pour toutes les raisons rappelées ci-dessus, on a donc cherché à supprimer purement et simplement l'excentrique. Mais alors, direz-vous, comment règle-t-on la tension de chaîne ? - C'est très simple, on ne la règle pas.
La grosse difficulté réside cette fois dans la construction du cadre. Il faut, en effet, le nombre de dents des pignons de pédaliers étant connu, calculer très soigneusement l'entr'axe pour que la chaîne neuve, une fois montée, soit tendue légèrement en excès. Au bout de très peu de temps, l'allongement provoqué par l'usage sera suffisant pour lui donner la tension idoine. Naturellement, il arrivera un moment où l'allongement sera trop considérable et il se produira alors des sauts assez fréquents. Il faudra, sans hésiter, mettre une chaîne neuve (...)"

Même si ces arguments sont valables, il faut convenir que si l'excentrique modifie légèrement la position relative du centre du pédalier par rapport à la selle, cette variation est infime, elle n'entraîne aucun dommage pour vos articulations.

Et aujourd'hui quel serait le constructeur si méticuleux pour réaliser un tandem avec un entr'axe si parfait ?

  Mise à jour : 12.11.2006