Cyclotourisme,
ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles
ANTONIN, premier président de la FFCT.
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La
lettre F (page 1)
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Fatigue
La rupture d'un cadre au
niveau de la boîte de pédalier, c'est de la
fatigue. La rupture du pivot d'une fourche, c'est de la
fatigue. La rupture de l'axe du moyeu arrière, c'est
de la fatigue. La rupture d'un rayon, c'est de la fatigue.
Fatigue, fatigue et encore fatigue. Les structures qu'elles
soient en acier, en alliage d'aluminium, en alliage de titane
ou en composite (fibre de carbone) périssent souvent
par fatigue.
Principe
La fatigue d'un matériau
peut-être comparée à la fatigue de l'homme
au travail. Essayez de soulevez 150 kg, votre dos n'y survivra
pas. Par contre, vous pouvez hisser les 150 kg en soulevant
30 fois 5 kg sans trop de pénibilité. Mais,
si nous vous demandons de continuer à soulever ces
5 kg 100 fois de suite... il y a des risques importants
que votre dos ne veuille pas continuer l'expérience
jusqu'au bout.
La fatigue des matériaux est du même ordre.
Sous des charges relativement faibles au regard des caractéristiques
mécaniques de rupture (parfois dix fois moindres),
après 1 ou 2 millions de sollicitations cycliques,
il y a rupture. Les propriétés de fatigue
d'une structure sont avant tout fonction du matériau
et de la géométrie de la structure.
Matériau
Le comportement en fatigue
dépend de l'allongement du matériau sous une
charge donnée. La durée de vie est de ce fait
une fonction directe du module d'élasticité
du matériau (ou module de Young). Plus ce module
sera élevé, moins le matériau se déformera
sous une charge donnée et plus la durée de
vie sera importante.
Ainsi avec 210 GPa, l'acier est le matériau qui encaisse
le mieux la fatigue. Les alliages d'aluminium, avec un module
de 70 GPa, n'accepteront que des efforts trois fois moindres
pour une même durée de vie. Par contre, comme
la loi théorique est une loi bi-logarythmique avec
une pente un tiers, à même effort, la durée
de vie d'une structure aluminium copiée à
l'identique d'une structure acier serait 27 fois moindre
(!). D'où l'importance que revêtent les tubes
sur-dimensionnés avec des épaisseurs supérieures
pour les cadres en aluminium (réduisant l'écart
de poids théorique entre acier et aluminium). Les
alliages de titane, avec leur module d'élasticité
d'environ 110 GPa, se situent à mi-chemin entre les
aciers et les alliages d'aluminium.
Par contre, le module d'élasticité étant
une grandeur intrinsèque des matériaux, il
n'est pas influencé par un changement de nuance.
Utiliser un acier haut de gamme ou un tube de chauffage,
donne le même résultat vis-à-vis de
la fatigue !
Géométrie des soudures et des brasures
La géométrie
des assemblages est un point important de la tenue en fatigue.
En effet, les contraintes dans une structure ne se répartissent
pas de manière complètement homogène,
mais se concentrent lors du changement brusque de section
(comme une foule de cyclotouristes à la semaine fédérale
fait bouchon lorsque la route se réduit !). Or, dans
un cadre, les zones de changement brusque de section sont
évidemment les noeuds du cadre.
L'Institut International de la Soudure, dans un document
qui fait foi, a ainsi défini les variations de contraintes
maximales admissibles de certains détails soudés.
A la lecture des tableaux ressort l'intérêt
de meuler les soudures : un cordon meulé sur un cadre
en alliage léger pourra supporter des variations
de contraintes de l'ordre de 40 MPa, le même cordon
non meulé ne supporterait plus quant à lui
qu'un niveau de 23 MPa. Ainsi, si les soudures de certains
cadres de tandem VTT américain aux tubes surdimensionnés
étaient meulées, la durée de vie du
cadre pourrait être plus de 5 fois supérieure.
Pour tout amoureux de la belle mécanique, laisser
des soudures apparentes sur des structures légères
comme nos tandems est donc un non-sens.
A noter, dans le cas présent que le même cadre
réalisé en acier aurait une durée de
vie 141 fois supérieure.
Le seul risque serait de trop meuler la soudure. Dans ce
cas, la section devenant insuffisante, c'est la résistance
de la soudure elle-même qui serait en cause. L'autre
risque serait aussi de blesser le tube lors du meulage et
tout le travail de finition serait annihilé. En particulier,
sur les alliages de titane qui sont très sensibles
à ce phénomène d'entaille.
Pour les assemblages brasés, nous ne disposons malheureusement
pas d'un tel document. En première approximation,
la tenue en fatigue d'un cadre brasé ou soudo-brasé
peut être évaluée au même niveau
que celle d'une soudure meulée. C'est à dire
à ce qui se fait de mieux en terme de tenue en fatigue.
Il est même possible de considérer qu'un assemblage
soudo-brasé offre une garantie encore supérieure.
En effet, dans les cas qui ont été expertisés,
les ruptures se sont toujours produites dans le métal
de base, au niveau de la zone recuite par l'opération
de chauffe.
Géométrie des pièces mécaniques
Exactement comme pour les
soudures, le concepteur veillera à arrondir les angles
de raccordement pour améliorer la tenue en fatigue
des pièces mécaniques. La maladie des moyeux
arrières Maxi-car était due
à l'absence d'un rayon au niveau de la butée
du roulement. Les pattes arrière Simplex
renforcées se rompaient de même au niveau du
changement brusque de section.
Application au tandem
Sur un tandem, nous sommes
deux à impulser à notre machine des efforts
doubles. Comme précisé précédemment,
si nous ne disposons pas de pièces adaptées
ou suffisamment solides, la durée de vie de ces composants
ne sera pas deux fois moindre mais huit fois moindre. Les
tandémistes ne rechercheront donc pas la légèreté
pour la légèreté, en particulier sur
les pièces de sécurité comme le pivot
d'une fourche, mais le sérieux de la réalisation.
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Fibre
de carbone
Voir Composite.
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Follis
Historique
La Maison Follis a été
fondée en 1903 à Lyon par Joseph Follis, un
passionné. Son fils François Follis prit ensuite
la succession. Les Cycles Follis
ont acquis une réputation de sérieux et de
qualité tant la finition de leurs produits est excellente.
Follis connut une ascension vertigineuse
dans les années après guerre avec la fabrication
de cycles et d'une gamme de motos-cycles et motos.
En 1946, un des mécaniciens de la
maison, Roger Billet, fit beaucoup parler de lui dans les
journaux cyclistes de l'époque. Grâce à
ses qualités athlétiques, il remporta la Poly
de Chanteloup sur une randonneuse Follis
bouclant les 103,350 km en 3h24'12", il détint
aussi le record des 19,500 km de l'ascension du Ventoux
en 1h14'15", battant à l'époque le record
de René Vietto. Nommé "Roi des cyclotouristes"
par "l'Equipe" en
date du 22 octobre 1946 et "Champion des cyclotouristes"
dans "Sport-Vu",
il déclencha malgré lui une polémique
dans les colonnes du "Cycliste".
Cependant, en 1948, "Le Cyclotouriste"
de novembre-décembreétait enthousiaste lors
du compte-rendu du Salon du Cycle : "Le
grand succès de ce salon fut indéniablement
le constructeur lyonnais F. Follis qui est, je crois, ami
de [la] revue et de [la] société. Un article
élogieux lui fut consacré dans la revue anglaise
"The Cycling" connue universellement. L'auteur
de l'article consacré à Follis énumère
les qualités de ses créations et illustre
son exposé par deux photos du stand. Notre "Cycle"
n'est pas moins élogieux que son grand confrère
anglais. Sur 23 citations consacrées à l'industrie
française du cycle, 5 sont à l'adresse de
Follis. L'auteur remarque la potence de guidon, la fixation
des haubans, la tête de fourche, le nouveau frein
à double détention, l'arrêt de gaine
à deux positions, etc. [...] Ses tandems type Chanteloup
en dural tube Vitus, [...] pèsent 18 kg."
C’est la fille de François
Follis, Myriam Follis et son mari Jean-Claude Chollet qui
reprennent définitivement l’entreprise en 1973.
Depuis 30 ans, ils construisent des cycles et des tandems
dont la qualité et la fiabilité sont toujours
très appréciées. De nombreux tandems
sont maintenant exportés vers les Etats-Unis d'Amérique.
Monsieur Chollet construit de belles machines relativement
classiques qu'il destine à un public de passionnés.
Il ne recherche pas le volume mais la satisfaction de clients
exigeants.
Follis reste actuellement dans le monde
des randonneurs avertis une référence en terme
de sérieux et de qualité de fabrication.
En juillet 2007, les Cycles Follis
ont cessé leur activité. Le savoir-faire pour
les randonneuses entièrement équipées
a été transmis aux Cycles
GUESDON.
Evolution
du tandem randonneur
Follis édite
périodiquement un catalogue de ses tandems. Ces modèles
de base permettent à chacun de créer ensuite
sa propre machine.
Le modèle de base pour les couples randonneurs est
le modèle "Paris-Brest". Il s'agit d'un
tandem classique construit en acier en tubes Reynolds
531, et équipé comme il se doit pour un modèle
randonneur de garde-boue, de porte-sacoches, de porte-bagages
et d'un éclairage par alternateur.
Mais au-delà de la pérénnité
du concept de base, on constate une évolution depuis
une dizaine d'années. Du 650x32B, la proposition
a évolué vers du 700x32C compte tenu de la
raréfaction du standard 650B (en dépit de
l'immense travail réalisé par la Confrérie).
Avec les chaînes plus souples, la transmission longue
est devenu courte. Et les freins Cantilever
accouplés à un moyeu à tambour ont
été remplacés par des freins hydrauliques.
Toujours au niveau du freinage, les jantes avec revêtement
céramique ont fait leur apparition. Dernier point,
la multiplication des dentures à l'arrière
a elle aussi suivi la mode (de 18 à 24 vitesses et
27 pour les toutes dernières réalisations).

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Fourche
Les fonctions principales de la fourche
ont été bien décrites par Ph. Maillard-Brune,
chef de service au CTA, dans un article paru dans "Le
Cycliste" en mai 1949, "La
technique des fourches du cycle" :
"Nous estimons que la fourche
est l'organe le plus important et le plus complexe à
réaliser parmi les nombreuses pièces constituant
une bicyclette.
Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner ses buts
principaux :
- Assurer la direction tout en maintenant la stabilité
;
- Supporter une partie du poids total appliqué
sur le cycle ;
- Amortir les chocs et les vibrations provoquées
par les inégalités du sol ;
- Résister aux efforts provoqués par le
couple de freinage.
C'est donc un organe dont dépend presque entièrement
(avec les freins) la sécurité du cycliste,
toute rupture étant susceptible de provoquer
un accident."
Fourreaux
Les fourreaux devront être souples. Sur certaines
bicyclettes de course, les fourreaux sont droits de
façon à obtenir la rigidité maximale
(et la nervosité), ces fourreaux droits ne se
plient pas. Et comme le chêne de la fable, ils
risquent de se rompre. En fait, eux, ils ne se romperont
pas. Par contre, ils entraîneront la rupture du
tube pivot au niveau du roulement inférieur par
transmission intégrale des irrégularités
de la route. La souplesse, en amortissant les vibrations
et les chocs, apporte du confort mais surtout diminue
les contraintes à l'emmanchement et les risques
de rupture.

Pivot
Le pivot de fourche est une pièce maîtresse
pour la sécurité du tandem. Les cas de
rupture au niveau du tube pivot existent malheureusement
même s'ils ne sont pas fréquents. Or une
rupture du pivot est très grave si elle survient
brutalement. Généralement, elle survient
par fatigue au niveau de l'encastrement du jeu de roulement
inférieur de la direction, là où
la fourche s'encastre dans le cadre. Si les fourreaux
ne sont pas suffisamment souples (cas des fourches droites
rigides), les efforts de flexion sur la fourche sont
reportés dans cette zone. Si en plus, la portée
du roulement est usinée sans rayon de raccordement
ou si la section du pivot est insuffisante, cette zone
fatigue. Sous les coups redoublés des déformations
de la route (trous et bosses), des freinages ou autres
sollicitations, une fissure va s'amorcer puis croître
jusqu'à la rupture finale.
Jadis, on montait à force à l'intérieur
du pivot un morceau de cornouiller. Ce bois très
dur évitait la rupture finale brutale. De nos
jours, son emploi est tombé en désuétude.
La conception des fourches a réalisé des
progrès.
Cependant, il convient absolument de faire attention
au pivot lors de la construction du tandem. La mode
du tube de diamètre 1"1/8 est pour nous,
tandémistes, une bonne chose. En effet, les conditions
sévères d'emploi du VTT, puis la recherche
d'allègement en utilisant des tubes pivot en
aluminium, ont conduit à l'utilisation presque
généralisée de tubes de fort diamètre.
Par contre, contrairement à ce qui se passe avec
les bicyclettes, s'il faut utiliser un tube de fort
diamètre, il vaut mieux recourir à l'acier.
Ainsi, les ateliers Follis utilisent
depuis de nombreuses années, sur leurs tandems,
un tube spécifique avec une section augmentée.
Les coureurs utilisent sur Paris-Roubaix, "L'enfer
du Nord", des tubes pivot en acier sur leur fourche
en fibre de carbone. Il vaut mieux jouer la prudence.
Tête de fourche "à plaquettes"
Cette tête est généralement
constituée par deux plaquettes découpées
en tôle d'acier de 4 à 5 mm d'épaisseur
dans lesquelles viennent s'encastrer le tube-pivot et
l'extrémité supérieure des fourreaux.
Ce modèle est employé uniquement par les
constructeurs-artisans comme Follis.
Son principal avantage, par suite de l'élasticité
des deux plaques d'acier, est d'absorber une partie des
chocs et vibrations dus aux inégalités du
sol. Le poids est très faible par rapport aux têtes
en acier forgé ou aux têtes en tôle
emboutie ou même aux têtes obtenues en micro-fusion.
Ceci explique la faveur dont a joui ce montage dans les
concours techniques de l'après-guerre.
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Mise
à jour : 09.10.2006
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