Roulement
Histoire
Les spécialistes considèrent que
les Assyriens comme les Egyptiens, en plaçant des
rouleaux sous les charges lourdes pour les déplacer, ont
inventé la glissière à rouleaux.
Dans le lac de Nemi en Italie, des fragments d'une butée
à billes servant de support à une statue,
à l'époque de l'Empereur Caligula, auraient
été découverts.
Enfin, c'est à Léonard de Vinci que l'on attribue
l'invention du roulement à billes au 15è siècle.
C'est au 18è siècle que les
premiers prototypes des roulements à billes apparaissent,
avec le brevet de l'Anglais Philip Vaugham en 1794 pour
les axes de roue. Mais, c'est grâce à la bicyclette
que le développement de l'utilisation des roulements
à billes va avoir lieu.
Keizo Kobayashi, dans son Histoire
du Vélocipède de DRAIS à MICHAUX,
reparle du brevet n°77887 pris le 1er octobre 1867 par
un certain Fournier de Metz pour "un
système de palier destiné à remplacer
les coussinets par les arbres de couche de transmission".
Il sera suivi par Suriray qui déposera un brevet
n°86680 le 3 août 1869 décrivant le roulement
à billes : "J'emploie
le tourillon, seulement dans l'intérieur du trou,
je pratique une rainure ou gorge sur toute sa circonférence.
L'axe de la roue est aussi muni d'une rainure semblable.
Les rainures du tourillon et de l'axe viennent se placer
juste au-dessus l'une de l'autre. Les dites rainures forment
ce que j'appelle une boîte à galets et elles
reçoivent des billes de façon qu'en faisant
tourner la roue l'axe roule sur les billes."
Jacques Legrand rapporte dans un article
intitulé "Le roulement
à billes et le Vélo", dans "Le
Cycliste" d'octobre 1948 que la première
utilisation du roulement à billes "eut
lieu officiellement à l'occasion de la première
course Paris-Rouen le 17 novernbre 1869 où le gagnant
James Moore, vétérinaire à Chantilly,
utilisant un grand bi monté sur roulements à
billes couvrit la distance à la moyenne de 13 à
l'heure."
Vélocio rapporte aussi que Charles
Terront fut l'un des premiers à utiliser des moyeux
à billes : "Lors d'un
séjour en Angleterre, il se vit offrir par le constructeur
Rudge - le créateur de la célèbre firme
mondiale, qui devait mourir dans le dénuement - une
paire de moyeux à roulements à billes, qu'il
venait de mettre au point. De retour à Paris, il
alla voir successivement les constructeurs Truffault, puis
Clément - qui tenaient alors le haut du pavé
- pour leur demander de monter ces moyeux sur son bicycle.
Tous deux l'en dissuadèrent, lui démontrant,
dessins à l'appui, que l'invention ne présentait
aucun intérêt, que l'axe, entrant en friction
avec les billes, imprimait à ces dernières
un mouvement de rotation contraire au sien et par conséquent,
l'empêchaient de tourner librement. Mais Terront devait
s'entêter et, aux essais, il constata qu'il faisait
très facilement 7 minutes 5 au tour de Longchamp,
alors qu'avec les moyeux lisses, il mettait péniblement
8 minutes. Ce qui devait d'ailleurs confondre et émerveiller
tout à la fois, le constructeur Clément."
Principe
de base
Le principe du roulement est "basé sur l'utilisation de corps roulants pour intégrer sans friction
la vitesse différentielle
entre une charge à déplacer et son support"
(Définition : Techniques de l'Ingénieur).
Le roulement remplit les trois fonctions suivantes
:
- Rotation,
- Transmission des efforts, c'est à dire sa capacité à supporter
les charges pour une durée de vie attendue,
- Positionnement.
Fonctionnement
Les billes roulent dans les chemins usinés
sur l'axe et dans la cuvette ou pour un vrai roulement annulaire,
dans la bague intérieure et dans la bague extérieure.
"Les Techniques de l'Ingénieur
précisent" que "Le
corps roulant qui génère le minimum de frottements
est la bille, par le fait qu'elle n'a qu'un point de contact
théorique avec son chemin. Pour guider la bille,
le chemin de roulement est torique, de section circulaire
mais de rayon supérieur à celui de la bille,
de façon à respecter le point de contact théorique.
(...) Dans la pratique, sous l'effet de la charge du roulement
transmise au travers de la bille et de l'élasticité
de l'acier, le point de contact théorique devient
une ellipse de contact."
S'il faut supporter des charges supérieures, la bille
est remplacée par un rouleau ou une aiguille, mais
ceux-ci sont d'un rendement moindre. "Le
roulement à rouleaux a un couple de frottement au
moins dix fois plus élevé que celui du roulement
à billes de mêmes dimensions".
Cône-cuvette
ou roulement annulaire ?
Le montage de type cône-cuvette a pour lui
l'avantage de permettre de réaliser à peu
de frais (et à poids léger) un roulement résistant
aux forces radiales et axiales. De plus son réglage
est relativement simple. Par contre, le montage est généralement
tel que le point de contact correspond à un angle
à 40°. De ce fait la pression sur le chemin de
roulement est augmentée de près de 40 %. Comme
la résistance au roulement est directement proportionnelle
à la charge, on est obligé de constater que
les roulements annulaires sont plus doux que les roulements
de type cône-cuvette.
Ceci est d'autant plus accentué que les matériaux
constitutifs des pistes de roulements sont d'une dureté moindre
que les billes. La bille creuse son chemin augmentant le jeu,
mais surtout augmentant
le désaxage des contacts. Ainsi
la pression sur le chemin des roulements va croître par
augmentation de la composante axiale.
Il n'en est pas de même pour les roulements
annulaires. En effet, la bille roule dans une gorge profonde
sur une surface plus grande. La bille a donc moins tendance
à creuser son sillon. Comme le chemin de roulement
pour les roulements annulaires est réalisé
dans le même matériau que les billes, la résistance
à l'abrasion s'en trouve augmentée.
Cependant, les roulements annulaires ne peuvent pas recevoir
autant de billes qu'un montage cône-cuvette où
les billes sont en contact les unes avec les autres. En
effet, pour permettre le montage, le roulement annulaire
utilise une bille de moins (l'ensemble est maintenu par
une cage). De ce fait, la répartition du poids sur
les billes est moins avantageuse que prévu sur les
roulements annulaires.
De plus, le montage des roulements annulaires demande une
précision
toute mécanique. Pour les moyeux, un montage directement
dans la boîte
de pédalier
ne peut donc pas être envisagé. En effet, les
opérations
de brasage ou de soudage entraînent des déformations
nécessitant un nouvel usinage
avant montage des roulements. La meilleure solution est de
recourir à une cartouche. L'axe de pédalier
est monté
avec ses roulements dans une cartouche en aluminium. Cette
cartouche prête à l'usage est ensuite montée
dans la boîte de pédalier.
Evidemment, le recours à cet artifice accroît le poids,
tout en améliorant la fiabilité.
Le roulement à une rangée de billes (dit rigide
à gorges profondes) apporte le meilleur rapport performance/prix.
"Etant conçu pour supporter
des charges radiales, les courbures du chemin de roulement
et son jeu interne lui permettent de supporter aussi des
charges axiales par adaptation automatique de sa ligne de
charge" (" Les
Techniques de l'Ingénieur").