Cyclotourisme,
ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles
ANTONIN, premier président de la FFCT.
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La
lettre S (page 1)
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Selle
La selle idéale ?
Il n'existe pas de bonne selle universelle.
Chacun doit trouver la sienne. Certains peuvent rouler sur
n'importe quel morceau de bout de bois, d'autres ne trouveront
jamais la bonne selle.
Simonne Rabault, grande tandémiste,
épouse du gérant du "Cycliste",
écrivit un article sur la selle de dame, dans le
numéro du mois de mars 1954 :
Avant toute chose on peut dire que la
selle est un des accessoires les plus importants de la bicyclette
et son intérêt a été grand dès
l'origine.
Baudry de Saunier, en 1892, disait que " la selle est
la partie de la machine la plus difficile à choisir.
Il ne la faut pas dure, car le touriste n'est pas un coureur
; il ne la faut pas molle, car lorsque l'on est en selle,
on se fatigue très vite. Il la faut douce, sans excès.
Rejetez donc toujours les modèles compliqués,
à ressorts interminables, qui vous lasseront et vous
feront perdre, en oscillations, le quart de la force que
vous appliquez à la pédale".
Pour le Dr Louis Championnière, en 1901, "le
mode de l'appui a une très grande importance. On
doit éviter la compression et la contusion des organes
du périnée. Toutefois, l'expérience
nous a appris que l'on n'avait aucun avantage à exagérer
l'étendue de la surface du siège, ni sa mollesse
et que le périnée s'accommode bien d'une dureté
relativement considérable."
Enfin Velocio, à qui on se refère toujours
quand il s'agit de la bicyclette et de tout ce qui la touche,
écrivait en 1908 : "II ne m'a jamais été
possible de comprendre en quoi une selle pouvait se prétendre
plus parfaite qu'une autre, car j'ai toujours trouvé
des cyclistes à qui la selle conspuée par
d'aucuns, allait comme un gant. Je ne me hasarderai pas
à conseiller de perfectionner nos selles car je serais
bien embarrassé de répondre, si l'on me demandait
: dans quel sens."
Après cette dernière déclaration de
Velocio, il peut paraître bien osé de prétendre
vouloir apporter une amélioration aux principes de
la selle pour dames. Pourtant il semble que si Velocio était
encore parmi nous, malgré la délicatesse du
problème, comme il le souligne, il n'hésiterait
pas à s'y pencher.
Dans notre carrière de tandémiste, de vingt-cinq
années, nous n'avons pratiquement utilisé
que deux selles déjà ! en dehors bien entendu
des essais tentés avec un certain nombre de modèles,
français et étrangers, essais qui nous ont
toujours ramenés, en définitive, à
notre "Idéale 54".
(...)
Au Salon de 1935, si nous avons bonne mémoire, notre
regretté ami Marcel Berthet, nous offrit pour essais
son prototype d'un nouveau modèle pour dames, "l'Idéale
64" 0. Ce modèle, assez large, bien étudié,
comportait, une gorge très appréciée
des randonneuses qui envisagent de rouler en toutes circonstances.
(...)
Cependant au cours de ces vingt années d'utilisation
de la même selle, sans que rien n'y ait été
changé durant tout ce temps, nous avons remarqué
que le pédalage gagnerait en facilité et surtout
sur les longues distances, si le croissant arrière
était diminué de largeur et plus incurvé.
De plus, pour l'élément cycliste féminin,
nous avons toujours eu l'impression qu'avec un bec un peu
plus large, l'appui serait meilleur, sans pour cela présenter
d'inconvénient pour le pédalage.
(...)
Nous insistons particulièrement sur le fait que le
point de vue que nous exposons n'est valable que pour celles
qui envisagent de rouler à une certaine cadence.
Il n'est pas question de prétendre imposer ce principe
à nos camarades pratiquant le tourisme en promeneuses,
en position assise à la verticale, sur une machine
à guidon relevé. Pour elles, la selle est
un siège, et doit être particulièrement
suspendue afin d'absorber au maximum les chocs de la route.
Pour celles que nous appellerons les "randonneuses"
roulant en position inclinée, la selle n'est en somme,
qu'un support. Le pédalage pratiqué est en
général rapide, très rapide même
pour celles qui ont compris toute la valeur de l'emploi
des petits développements. Pour celles-là,
la selle, à notre avis, doit être de conception
toute différente et celle que nous exprimons découle
de ces observations."
La selle idéale ?
Sur le marché aujourd'hui, l'embarras
du choix est important pour les hommes ou les dames. Contrairement
à il y a quelques années, quasiment tous les
fabricants proposent un modèle pour dame répondant
aux préceptes décrits par Simonne Rabault.
Maintenant, à chacune et à
chacun de trouver dans l'offre commerciale sa selle idéale.
Qu'elle soit en cuir, à coque plastique recouverte
ou non de cuir, avec un insert de gel, fendue ou autres,
il faut trouver sa selle. Et tout comme une bonne selle
épouse votre morphologie, votre morphologie par les
heures passées se "fait" à la selle.
Pour les amateurs de grandes distances,
une selle en cuir est bien souvent le summum, surtout si
vous transpirez. N'oubliez pas que "le cuir respire".
Certains par contre, ne peuvent jamais s'y habituer. Depuis
la fin des selles Idéales, il nous
reste le grand spécialiste anglais : Brooks.
Référence
- Simonne RABAULT,
Cyclotechnie : La selle de Dame, "Le Cycliste",
mars 1954, p. 67 & 80.
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Shimmy
Définition
Shimmy est un terme anglais
que l'on pourrait traduire par "flottement de la roue
avant". Maurice Maitre le décrit comme suit
:
"Quant au shimmy,
c'est une oscillation, une sorte de tremblement de la fourche
qui se produit dans la conduite de la bicyclette, lorsque
l'allure est élevée, souvent même quelquefois
à partir de 25 km à l'heure pour certaines
bicyclettes.
L'amplitude de ces oscillations très rapides commence
par être restreinte, mais dès que l'allure
augmente, elle devient de plus en plus prononcée
jusqu'au moment où l'on est obligé de ralentir
sa vitesse sous peine de perdre complètement le contrôle
de sa machine."
A quoi donc attribuer le shimmy ?
Maurice Maitre l'attribue aux fourches redressées.
"Mais pourquoi alors les fourches
redressées sont-elles une cause de shimmy ? Parce
que le point d'oscillation, qui se trouve être la
direction, se trouve trop rapproché horizontalement
du point de contact de la roue avant avec le sol et que,
par conséquent, les réactions horizontales
du sol se font beaucoup plus sentir dans la direction que
si le point d'oscillation se trouvait être plus éloigné,
cas des fourches anciennes.
De ces réactions, naît le shimmy."
Charles Antonin contant l'aventure d'un
grand randonneur déçu de son vélo sensible
au shimmy, bien que triangulé pour augmenter la rigidité,
dénonce lui aussi les directions trop redressées
(aux alentours et au-dessus de 72°).
Et Etienne Bernadet, le fameux technicien
qui a beaucoup apporté aux bicyclettes de concours
avec le constructeur Reiss, énumère tous les
points pouvant contribuer à ce louvoiement :
"A mon sens, je crois qu'on peut
éliminer au maximum la tendance au shimmy, même
aux plus grandes vitesses réalisables à vélo
et avec un bagage un peu important de cyclotouriste, en
respectant les conditions suivantes
:
- Choix d'une chasse au sol positive assez forte
se situant entre 40 et 50 mm. Le déport « d
» des fourreaux ne pouvant varier que dans d'assez
faibles proportions (de 50 à 70 mm) je ne fixerai
pas d'angle de direction qui résultera automatiquement
et par construction de [la chasse et
du déport des fourreaux]
- Emploi, dans la construction du cadre, de tubes assurant
la plus grande rigidité possible. Ces tubes existent
et la vogue de la légèreté à
outrance étant bien passée, je ne pense pas
que des fanatiques montent encore du 3/10°.
- Dans la mesure du possible, répartition des charges
sur l'avant et l'arrière de la machine.
- Bon centrage des roues, c'est-à-dire non seulement
rayons bien tendus et jantes tournant « au poil »
mais aussi pneus montés correctement et tournant
également « rond ». II est en effet fréquent
que des enveloppes façon main, utilisées par
les cyclotouristes, ne soient pas impeccables de ce côté-là.
Or du faux rond à la roue arrière se traduit
par des mouvements fort désagréables de la
direction qui peuvent amorcer le shimmy.
Notre pratique nous a fait expérimenter
le shimmy avant tout en cyclo-camping avec des poids mal
équilibrés dans les sacoches latérales
avant. Par contre, notre camarade Jean-Paul F. a connu une
chute en descente due à une mauvaise géométrie
de cadre.
Références
- Maurice Maitre,
Cyclotechnie : Chasse et Shimmy, "Le Cycliste",
octobre 1958, p. 249 & 250.
- Charles Antonin, Cyclotechnie : Chasse et shimmy - L'opinion
du président Antonin, "Le Cycliste",
février 1959, p. 40 & 60.
- Etienne Bernadet, Cyclotechnie : Chasse et Shimmy, "Le
Cycliste", mai 1959, p. 143 & 125.
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Singer
Alex Singer est né
en 1905. Il débuta très jeune dans le sport
cycliste au club de "Clignancourt-Sportif". Puis,
il s'intéressa au cyclotourisme dès son mariage.
En tandem, avec son épouse Maria, il fut un des membres
très actifs des "Tandémistes Parisiens".
Il alla même en tandem jusqu'à Budapest.
Il fit la plupart des Brevets Audax et Randonneurs, comme
les incontournables : Hendaye-Cerbère, BRA, RCP,
etc...
En 1935, il participa aux "Grands
Prix Duralumin" avec une machine de Nicolas
Barra, et en 1936 pour Hurtu.
Il s'installa comme constructeur en 1938 au 53, rue Victor
Hugo à Levallois-Perret où se trouve toujours
la boutique d'Ernest Csuka et de son fils. Il est à
noter que les cinq premières machines réalisées
par Alex Singer, numérotées de 1 à
5, étaient des tandems.
Au critérium Duralumin, il fut un redoutable compétiteur
: en 1939, à Colmar, il pilota en équipe avec
sa femme un tandem de 12,975 kg. Ce fut un record de légèreté
difficile à battre, surtout qu'il faut garder en
mémoire que les concours de machines se réalisaient
avec des tandems tout équipés : garde-boue,
éclairage... En 1946, il se classa en tête
avec un vélo, cette fois, qui pesait 6,875 kg. Cette
même année, il présentait un tandem
"de série" pesant 15,940 kg.
Alex Singer décéda en 1966. En 1964, il avait
cédé l'activité de création
de belles machines aux frères Ernest et Roland Csuka.
Ernest Csuka, son neveu par alliance, était entré
en apprentissage chez l'artisan en novembre 1944. Depuis
la mort de son frère, en 1994, il mena seul avec
son épouse, Léone, la destinée de la
maison Singer. Depuis 2002, c'est son fils, Olivier, qui
a pris la relève.
Les
cycles Alex Singer sont devenus une référence
dans le milieu des randonneurs par la finition des modèles,
et le souci des détails. Les randonneuses Alex
Singer présentent un fini rarement égalé.
Il n'y aura jamais de garde-boue ou de porte-bagages trop
hauts sur ces randonneuses. Mais uniquement des machines
à l'esthétique irréprochable.
Dans
les années 70, les Américains vinrent en nombre
acquérir des machines à Levallois-Perret.
C'est environ 300 à 400 machines qui ont été
exportées.
Malheureusement,
plus aucun magnifique tandem ne sort des ateliers de Levallois-Perret.
En effet, considérant que les séries de tubes
proposées actuellement, ne permettent plus de réaliser
des machines de haut niveau, la production de tandem a été
arrêtée. Cependant, Olivier Csuka continue
toujours d'entrenir les tandems sortis de la célèbre
maison.
Depuis décembre 2008,
il est possible d'admirer les belles réalisations
des cycles Alex
Singer sur la toile.

Sur l'histoire des établissements
Alex Singer, il est bon de lire l'interview
de Ernest CSUKA par Jan HEINE paru dans le premier numéro
de Vintage
Bicycle Quaterly.
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Mise
à jour : 16.12.2008
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