Cyclotourisme, ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles ANTONIN, premier président de la FFCT.
Cyclotourisme : Tandem noir raconte ses voyages et randonnées à vélo, en tandem, le plus souvent en cyclo-camping.

 

 

La lettre S (page 1)

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Publicité pour une selle Brooks spéciale tandem parue dans  Cyclotourisme en juin 1936.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selle Idéale des établissements Berthet montée sur un tandem Herse pour la "poly". Dessin de D. REBOUR paru dans le Cycliste de juillet 1955.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1949, Brooks présentait déjà au salon de Londres une selle retaillée comme la Titane Swift actuelle. Dessin de D. REBOUR paru dans Le Cycliste en février 1949.

Selle

La selle idéale ?

Il n'existe pas de bonne selle universelle. Chacun doit trouver la sienne. Certains peuvent rouler sur n'importe quel morceau de bout de bois, d'autres ne trouveront jamais la bonne selle.

Simonne Rabault, grande tandémiste, épouse du gérant du "Cycliste", écrivit un article sur la selle de dame, dans le numéro du mois de mars 1954 :

Avant toute chose on peut dire que la selle est un des accessoires les plus importants de la bicyclette et son intérêt a été grand dès l'origine.
Baudry de Saunier, en 1892, disait que " la selle est la partie de la machine la plus difficile à choisir. Il ne la faut pas dure, car le touriste n'est pas un coureur ; il ne la faut pas molle, car lorsque l'on est en selle, on se fatigue très vite. Il la faut douce, sans excès. Rejetez donc toujours les modèles compliqués, à ressorts interminables, qui vous lasseront et vous feront perdre, en oscillations, le quart de la force que vous appliquez à la pédale".
Pour le Dr Louis Championnière, en 1901, "le mode de l'appui a une très grande importance. On doit éviter la compression et la contusion des organes du périnée. Toutefois, l'expérience nous a appris que l'on n'avait aucun avantage à exagérer l'étendue de la surface du siège, ni sa mollesse et que le périnée s'accommode bien d'une dureté relativement considérable."
Enfin Velocio, à qui on se refère toujours quand il s'agit de la bicyclette et de tout ce qui la touche, écrivait en 1908 : "II ne m'a jamais été possible de comprendre en quoi une selle pouvait se prétendre plus parfaite qu'une autre, car j'ai toujours trouvé des cyclistes à qui la selle conspuée par d'aucuns, allait comme un gant. Je ne me hasarderai pas à conseiller de perfectionner nos selles car je serais bien embarrassé de répondre, si l'on me demandait : dans quel sens."
Après cette dernière déclaration de Velocio, il peut paraître bien osé de prétendre vouloir apporter une amélioration aux principes de la selle pour dames. Pourtant il semble que si Velocio était encore parmi nous, malgré la délicatesse du problème, comme il le souligne, il n'hésiterait pas à s'y pencher.
Dans notre carrière de tandémiste, de vingt-cinq années, nous n'avons pratiquement utilisé que deux selles déjà ! en dehors bien entendu des essais tentés avec un certain nombre de modèles, français et étrangers, essais qui nous ont toujours ramenés, en définitive, à notre "Idéale 54".
(...)
Au Salon de 1935, si nous avons bonne mémoire, notre regretté ami Marcel Berthet, nous offrit pour essais son prototype d'un nouveau modèle pour dames, "l'Idéale 64" 0. Ce modèle, assez large, bien étudié, comportait, une gorge très appréciée des randonneuses qui envisagent de rouler en toutes circonstances.
(...)
Cependant au cours de ces vingt années d'utilisation de la même selle, sans que rien n'y ait été changé durant tout ce temps, nous avons remarqué que le pédalage gagnerait en facilité et surtout sur les longues distances, si le croissant arrière était diminué de largeur et plus incurvé. De plus, pour l'élément cycliste féminin, nous avons toujours eu l'impression qu'avec un bec un peu plus large, l'appui serait meilleur, sans pour cela présenter d'inconvénient pour le pédalage.
(...)
Nous insistons particulièrement sur le fait que le point de vue que nous exposons n'est valable que pour celles qui envisagent de rouler à une certaine cadence. Il n'est pas question de prétendre imposer ce principe à nos camarades pratiquant le tourisme en promeneuses, en position assise à la verticale, sur une machine à guidon relevé. Pour elles, la selle est un siège, et doit être particulièrement suspendue afin d'absorber au maximum les chocs de la route.
Pour celles que nous appellerons les "randonneuses" roulant en position inclinée, la selle n'est en somme, qu'un support. Le pédalage pratiqué est en général rapide, très rapide même pour celles qui ont compris toute la valeur de l'emploi des petits développements. Pour celles-là, la selle, à notre avis, doit être de conception toute différente et celle que nous exprimons découle de ces observations."

La selle idéale ?

Sur le marché aujourd'hui, l'embarras du choix est important pour les hommes ou les dames. Contrairement à il y a quelques années, quasiment tous les fabricants proposent un modèle pour dame répondant aux préceptes décrits par Simonne Rabault.

Maintenant, à chacune et à chacun de trouver dans l'offre commerciale sa selle idéale. Qu'elle soit en cuir, à coque plastique recouverte ou non de cuir, avec un insert de gel, fendue ou autres, il faut trouver sa selle. Et tout comme une bonne selle épouse votre morphologie, votre morphologie par les heures passées se "fait" à la selle.

Pour les amateurs de grandes distances, une selle en cuir est bien souvent le summum, surtout si vous transpirez. N'oubliez pas que "le cuir respire". Certains par contre, ne peuvent jamais s'y habituer. Depuis la fin des selles Idéales, il nous reste le grand spécialiste anglais : Brooks.


Référence

- Simonne RABAULT, Cyclotechnie : La selle de Dame, "Le Cycliste", mars 1954, p. 67 & 80.
 


Shimmy

Définition

Shimmy est un terme anglais que l'on pourrait traduire par "flottement de la roue avant". Maurice Maitre le décrit comme suit :

"Quant au shimmy, c'est une oscillation, une sorte de tremblement de la fourche qui se produit dans la conduite de la bicyclette, lorsque l'allure est élevée, souvent même quelquefois à partir de 25 km à l'heure pour certaines bicyclettes.
L'amplitude de ces oscillations très rapides commence par être restreinte, mais dès que l'allure augmente, elle devient de plus en plus prononcée jusqu'au moment où l'on est obligé de ralentir sa vitesse sous peine de perdre complètement le contrôle de sa machine."

A quoi donc attribuer le shimmy ?

Maurice Maitre l'attribue aux fourches redressées.

"Mais pourquoi alors les fourches redressées sont-elles une cause de shimmy ? Parce que le point d'oscillation, qui se trouve être la direction, se trouve trop rapproché horizontalement du point de contact de la roue avant avec le sol et que, par conséquent, les réactions horizontales du sol se font beaucoup plus sentir dans la direction que si le point d'oscillation se trouvait être plus éloigné, cas des fourches anciennes.
De ces réactions, naît le shimmy."

Charles Antonin contant l'aventure d'un grand randonneur déçu de son vélo sensible au shimmy, bien que triangulé pour augmenter la rigidité, dénonce lui aussi les directions trop redressées (aux alentours et au-dessus de 72°).

Et Etienne Bernadet, le fameux technicien qui a beaucoup apporté aux bicyclettes de concours avec le constructeur Reiss, énumère tous les points pouvant contribuer à ce louvoiement :

"A mon sens, je crois qu'on peut éliminer au maximum la tendance au shimmy, même aux plus grandes vitesses réalisables à vélo et avec un bagage un peu important de cyclotouriste, en respectant les conditions suivantes :
- Choix d'une chasse au sol positive assez forte se situant entre 40 et 50 mm. Le déport « d » des fourreaux ne pouvant varier que dans d'assez faibles proportions (de 50 à 70 mm) je ne fixerai pas d'angle de direction qui résultera automatiquement et par construction de [la chasse et du déport des fourreaux]
- Emploi, dans la construction du cadre, de tubes assurant la plus grande rigidité possible. Ces tubes existent et la vogue de la légèreté à outrance étant bien passée, je ne pense pas que des fanatiques montent encore du 3/10°.
- Dans la mesure du possible, répartition des charges sur l'avant et l'arrière de la machine.
- Bon centrage des roues, c'est-à-dire non seulement rayons bien tendus et jantes tournant « au poil » mais aussi pneus montés correctement et tournant également « rond ». II est en effet fréquent que des enveloppes façon main, utilisées par les cyclotouristes, ne soient pas impeccables de ce côté-là. Or du faux rond à la roue arrière se traduit par des mouvements fort désagréables de la direction qui peuvent amorcer le shimmy.

Notre pratique nous a fait expérimenter le shimmy avant tout en cyclo-camping avec des poids mal équilibrés dans les sacoches latérales avant. Par contre, notre camarade Jean-Paul F. a connu une chute en descente due à une mauvaise géométrie de cadre.


Références

- Maurice Maitre, Cyclotechnie : Chasse et Shimmy, "Le Cycliste", octobre 1958, p. 249 & 250.
- Charles Antonin, Cyclotechnie : Chasse et shimmy - L'opinion du président Antonin, "Le Cycliste", février 1959, p. 40 & 60.
- Etienne Bernadet, Cyclotechnie : Chasse et Shimmy, "Le Cycliste", mai 1959, p. 143 & 125.
 


 

Publicité parue en février 1939 dans le Cycliste pour annoncer l'établissement de Alex Singer.



Commande de la dynamo le long du hauban sur une machine Alex SINGER. Dessin de D. Rebour paru dans le Cycliste de octobre 1950.

 

 

Au salon de 1948, dérailleur de plateau extra-léger sur les machines SINGER. Dessin de D. REBOUR paru dans le Cycliste  en novembre 1948.

Singer

Alex Singer est né en 1905. Il débuta très jeune dans le sport cycliste au club de "Clignancourt-Sportif". Puis, il s'intéressa au cyclotourisme dès son mariage. En tandem, avec son épouse Maria, il fut un des membres très actifs des "Tandémistes Parisiens". Il alla même en tandem jusqu'à Budapest.
Il fit la plupart des Brevets Audax et Randonneurs, comme les incontournables : Hendaye-Cerbère, BRA, RCP, etc...
En 1935, il participa aux "Grands Prix Duralumin" avec une machine de Nicolas Barra, et en 1936 pour Hurtu.
Il s'installa comme constructeur en 1938 au 53, rue Victor Hugo à Levallois-Perret où se trouve toujours la boutique d'Ernest Csuka et de son fils. Il est à noter que les cinq premières machines réalisées par Alex Singer, numérotées de 1 à 5, étaient des tandems.
Au critérium Duralumin, il fut un redoutable compétiteur : en 1939, à Colmar, il pilota en équipe avec sa femme un tandem de 12,975 kg. Ce fut un record de légèreté difficile à battre, surtout qu'il faut garder en mémoire que les concours de machines se réalisaient avec des tandems tout équipés : garde-boue, éclairage... En 1946, il se classa en tête avec un vélo, cette fois, qui pesait 6,875 kg. Cette même année, il présentait un tandem "de série" pesant 15,940 kg.
Alex Singer décéda en 1966. En 1964, il avait cédé l'activité de création de belles machines aux frères Ernest et Roland Csuka. Ernest Csuka, son neveu par alliance, était entré en apprentissage chez l'artisan en novembre 1944. Depuis la mort de son frère, en 1994, il mena seul avec son épouse, Léone, la destinée de la maison Singer. Depuis 2002, c'est son fils, Olivier, qui a pris la relève.

Les cycles Alex Singer sont devenus une référence dans le milieu des randonneurs par la finition des modèles, et le souci des détails. Les randonneuses Alex Singer présentent un fini rarement égalé. Il n'y aura jamais de garde-boue ou de porte-bagages trop hauts sur ces randonneuses. Mais uniquement des machines à l'esthétique irréprochable.

Dans les années 70, les Américains vinrent en nombre acquérir des machines à Levallois-Perret. C'est environ 300 à 400 machines qui ont été exportées.

Malheureusement, plus aucun magnifique tandem ne sort des ateliers de Levallois-Perret. En effet, considérant que les séries de tubes proposées actuellement, ne permettent plus de réaliser des machines de haut niveau, la production de tandem a été arrêtée. Cependant, Olivier Csuka continue toujours d'entrenir les tandems sortis de la célèbre maison.

Depuis décembre 2008, il est possible d'admirer les belles réalisations des cycles Alex Singer sur la toile.

Publicité pour les Cycles Alex Singer parue dans le Cycliste en mai 1953.

Sur l'histoire des établissements Alex Singer, il est bon de lire l'interview de Ernest CSUKA par Jan HEINE paru dans le premier numéro de Vintage Bicycle Quaterly.

Mise à jour : 16.12.2008