Cyclotourisme,
ni compétition, ni tourisme pur, mais sport universel - Charles
ANTONIN, premier président de la FFCT.
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Les
lettres V et W
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Vélo
couché ou à pédalage horizontal
Historique
Le vélo couché ou vélo
à pédalage horizontal est devenu très
tendance avec le renouveau du transport "doux".
Et pour être tendance, il faut préférer
au vocable de vélo horizontal, le terme de "Recumbent"
ou son abréviation "bent".
Avant d'être complètement oublié
en France et de nous revenir par le biais des cyclistes
hollandais, deux machines françaises ont popularisé
ce vélo : la bicyclette Ravat-Wonder
mais surtout le "Vélocar"
avec un record de l'heure établi le 7 juillet 1933
sur le Vélodrome du Parc des Princes : 45,055 km.
Ce record fut établi par Francis Faure (à
ne pas confondre avec le champion Benoit Faure, surnommé
la "Souris"). Quelques semaines plus tard, le
28 septembre 1933, Maurice Richard ne couvrait que 44,777
km en vélo "droit".
Définition
Certains parlent de vélo couché
quand un dossier complète la selle ou le siège.
Dans le numéro de avril 1937 du Cyciste, la définition
suivante est proposée : "Une
bicyclette est à pédalage horizontal, si la
droite passant par le siège et l'axe du pédalier
est horizontale avec une tolérance en plus ou moins
de 10 degrés".
Avantages
Nous tirerons les avantages du vélo
à pédalage horizontal d'une plaquette publicitaire
édité par Vélo "Vélocar"
dans les années 1930 :
"Tout le monde est actuellement d'accord
pour estimer que la bicyclette a atteint un degré
de perfection qui ne saurait guère être dépassé.
Depuis près de trente ans en effet, cette petite
merveille n'a pas subi de changement appréciable,
du moins dans ses grandes lignes, et seuls des perfectionnements
de détail lui ont été apportés.
On serait donc en droit de penser que la bicyclette a bien
trouvé sa forme définitive. Or, il est une
fois de plus démontré que les pronostics sont
toujours hasardeux, car le progrès recule sans cesse
la limite que nous croyons pouvoir lui assigner.
Notre nouvel appareil, le Vélo-Vélocar,
en est une preuve. Qu'est-ce donc que le V.-V. ? Le V.-V.
est le fils direct de la fameuse voiturette à pédales,
le Vélocar, dont ses usagers connaissent
bien l'excellente technique. Disons tout de suite que le
V.-V. procure aux cyclistes deux avantages essentiels :
plus de confort, plus de vitesse.
CONFORT. - Au lieu de grimper sur une
selle étroite et haute, le cycliste s'assied confortablement
sur le siège rembourré de son V.-V., comme
on s'assied, sur une chaise. Au lieu de se courber en avant
en creusant la poitrine, il s'appuie au contraire au dossier
de sa machine, comme en un fauteuil. Plus besoin, par conséquent
de tirer sur son guidon pour pousser les pédales
; celles-ci étant placées vers l'avant, le
pédalage bénéficie de l'idéal
point d'appui que représente le dossier.
Le V.-V. avec son dossier-fauteuil, constitue le vélo
le plus confortable que l'on puisse imaginer. La conséquence
de ce confort se traduit naturellement par une augmentation
importante du rayon d'action de la machine.
VITESSE. - N'allez pas croire cependant
que, du fait de son confort, le V.-V. soit incapable de
faire de la vitesse : un cycliste en vélo éprouve
beaucoup de peine à suivre un V.-V. Le V.-V., d'ailleurs,
comme tous les vélos, peut être traité
en racer et nous construisons pour les coureurs un modèle
« Course », avec lequel les vélos classiques
ne sauraient lutter.
La vitesse du V.-V., en effet, n'est pas une légende,
et cette qualité qui lui est si particulière
est bien connue de tous ceux qui ont un nom dans le cyclisme.
Où les avis se trouvent partagés, c'est sur
la cause de cette supériorité. D'aucuns prétendent
que le point d'appui (dossier) offert au cycliste lui permet
un effort plus grand sur les pédales, et c'est ce
qui lui assurerait cette remarquable faculté «
d'aller vite ». D'autres estiment que le maître-couple
formé par le. V.-V. et son pilote se trouve amélioré
grâce à la disposition de ce dernier et rendu
plus aérodynamique. Il y a peut-être de ceci
et de cela... Mais de toute façon la supériorité
du V.-V. en vitesse pure n'est pas contestable.
En résumé, qu'il s'agisse
de confort ou d'aptitude aux performances sportives, le
V.-V. se montre supérieur dans les deux cas."
Inconvénients
Il est difficile pour des adeptes du "droit"
de lister les inconvénients du vélo horizontal.
Nous retiendrons cependant que le fameux confort n'est pas
si évident sur les longues distances du type Paris-Brest
et Retour : problèmes de cervicales pour les modèles
sans appui tête, mal au dos (la sueur irrite), position
des mains en hauteur. Et aussi la nécessité
de passer toutes les bosses sur des petits développements
sous réserve d'avoir des difficultés de tenue
de trajectoire.
A ces constatations faites de visu, nous
ajouterons la liste dressée par Georges Hugon, utilisateur
d'un Vélo "Vélocar" en 1934 :
"Le plus gros inconvénient
du V.V., à mon avis, est la transpiration du dos
et des reins, dès que vous faites un petit effort
; après quelques kilomètres de route, vous
sentez la sueur couler dans le dos, l'été
cela devient du lessivage. Tenue en côte très
mauvaise, vitesse réduite, tout le poids se trouvant
sur l'arrière. Digestion très mauvaise. Sur
route en mauvais état, le ventre et l'estomac sont
très secoués. Sur V.V., la roue libre est
fatigante (je parle dans les grandes descentes). J'ai constaté
que, le soir, dans Paris, les automobilistes me voyaient
moins bien qu'à vélo; il est assez difficile
de se retourner pour voir derrière soi. En cas de
pluie, il faut se déguiser en scaphandrier."
Bilan lors du concours Duralumin
en 1935
G. Sounalet participa au Concours de Machines
organisé dans les Alpes en 1935. Dès le début,
les deux vélos couchés furent fortement pénalisés
par leur poids (15,51 kg). De ce fait, ils n'avaient aucune
chance de bien figurer au classement. Il conte l'ensemble
de ces journées dans un long article paru en 1935
dans les colonnes du "Cycliste" dont
nous reprenons le bilan ci-après :
" Contrairement à l'impression
procurée par un essai superficiel, je crois ,très
sincèrement que le Véloriz Ravat-Wonder
peut rivaliser avantageusement avec la machine de cyclotourisme
normale du poids de 12 à 14 kilos. Je dois dire aussi
qu'il faut pour cela une certaine adaptation musculaire
qui permet d'obtenir le rendement maximum de l'engin, par
la possibilité de pousser sans fatigue de très
grands développements, ou de tourner en souplesse
les « petits braquets ».
Dans les deux premières étapes du Critérium,
où je ne possédais pas cette adaptation, je
dus m'accrocher sérieusement le premier jour pour
réaliser mes 15 km. 880 de moyenne. (...)
Et enfin, les deux derniers jours, rassuré sur l'issue
de l'entreprise et muni de la cadence parfaite, je fis davantage
du cyclotourisme que de la compétition. Qu'il me
soit permis de signaler aussi que, dans toutes les étapes,
il y eut des concurrents derrière moi (...)
Ii est bien évident que le fait de terminer un parcours
pareil dans une moyenne largement suffisante, et sans pénalisation
mécanique, est déjà un résultat
appréciable (...). Cette année, après
une épreuve qui, de l'avis des plus qualifiés,
fut plus dure que la précédente, je n'ai éprouvé
aucune fatigue anormale."

A noter qu'au concours de 1936, Michel Jeune,
jeune constructeur parisien de 21 ans, et sa soeur âgée
de 14 ans firent une belle démonstration sur un tandem
horizontal qu'il avait construit. Par contre, suite à
des problèmes de pneumatiques, il ne put terminer
la dernière étape.
Application au tandem
Quelques tandems couchés existent
! Ils sont avant tout fabriqués hors de France. Ils
peuvent exister sous forme tricycles (en particulier le
Greenspeed
australien) ou deux roues. Dans cette dernière catégorie,
on trouve des modèles comme le Rans Screamer
et le Barcroft Columbia Recumbent Tandem
(sur ces deux machines le "stocker" est assis
dans un siège mais ne pédale pas réellement
à l'horizontale), mais surtout chez les hollandais
le tandem
M5 ou un tandem chez Optima
(créateur du fameux Baron, une des
références dans le milieu des "benteurs").
Références
- Brochure commerciale, 4 pages A6 : "La
Bicyclette à Pédalage Horizontal V.V. (Vélo
"Vélocar"), Non datée - estimation
année 1933.
- Jean Bobet, "Cyclisme de plaisance",
Edition Prosport, 1980, p. 132.
- Georges Hugon, Cyclotechnie : A propos du vélo
horizontal, "Le Cycliste",
n°4, Avril 1937, p. 154.
- G. Sounalet, Cyclotechnie : Après le Concours des
Alpes - Plaidioyer en faveur du pédalage horizontal,
"Le Cycliste", n°10, Octobre 1935, p. 516-520.
- M. Routens, Un pilote nous donne ses impressions sur le
2ème Critérium Cyclotouristique de l'"Auto",
La Pédale Touristique, n°196, 16 septembre 1936,
p.7.
- Et aussi... le site de l'Association
Française des Bentrideurs
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Vélos...
ou tandem
Le point de vue de 1937
"Cyclo-Magazine"
dans son numéro 35 du 15 octobre 1937, reprend la
coupure de presse suivante publiée dans "Paris-Soir"
: " Que choisir ? Un tandem ou deux vélos
? ..." .
Dans ce petit article amusant, le journaliste sportif A.
Baker d'Isy tente d'y répondre :
"- C'est entendu, ma chérie.
Pour ne pas engraisser et nous bien porter, nous pédalerons
désormais tous les dimanches.
- Oh chic ! Justement, j'ai vu un beau tandem tout bleu...
- Un tandem ? Qui te parle de cela ? Ce sont deux vélos
rouges que je vais acheter,
- Ah non ! Je ne sais pas « y aller »...
- Et tu voudrais peut-être que je pédale pour
toi..,
- C'est bien cela... Tu veux me laisser tomber sur la route
toute seule... Egoïste, va !...
A ce moment, un coup de sonnette interrompit la discussion.
C'était l'ami de la maison. Un journaliste, figurez-vous,
et qui mieux est un journaliste qui suit le Tour de France.
- Tu tombes bien, mon vieux... Dis-nous ce que nous devons
acheter : un tandem ou deux bicyclettes ?
Le journaliste toussota, hésita, puis se décida
:
- Voilà une question bien embarrassante. Il y a du
pour et du contre... Cela dépend de vos tempéraments.
Il faudrait être psychologue pour vous répondre.
Je vais essayer quand même.
Il prit son stylo, son bloc et traça le tableau que
voici :
POUR LE TANDEM
Moyenne horaire plus élevée (25 kms au lieu
de 18 ou 20).
Rayon d'action plus grand (180 kms au lieu de 120).
Plus d'harmonie sur le plat.
Risques d'accidents réduits.
Adaptation plus rapide de la femme qui peut ne pas savoir
monter à vélo.
Possibilité pour la femme de lâcher les mains
et de relever le buste si elle est fatiguée.
Charge transportable accrue (30 kilos au lieu de 10 + 10
= 20).
Aménagement plus facile du matériel de camping.
Assurance moins chère.
Impôts : égalité (24 francs par an dans
les deux cas).
POUR LES DEUX VELOS
Prix inférieur.
Réparations plus faciles.
Maniabilité plus grande.
Avantage dans les côtes.
Coup de pédale plus souple, moins puissant.
Plus de facilité pour le garage.
Utilisation indépendante des deux machines: Possibilité
pour l'un des deux cyclistes d'aller au village le plus
proche chercher un mécanicien ou du secours en cas
de « pépin »...
Aux dernières nouvelles, après
mûre réflexion, le jeune couple aurait acheté
à la fois le beau tandem tout bleu et deux vélos
rouges."
Notre avis
Tous les couples de notre connaissance (nous
les premiers) qui se sont mis au tandem n'ont jamais regretté.
Soit le tandem se substitue aux vélos solos, soit
il vient en complément des autres machines. Mais
dans tous les cas, essayez le tandem, après les 3
ou 4 premiers départs hasardeux, vous serez enchantés.
Et à notre avis, comme le couple de l'histoire, n'hésitez
pas : achetez un tandem et deux vélos solos : des
randonneuses transformables en cyclo-camping pour les vacances.
Car contrairement aux allégations précédentes,
nous trouvons que le transport des charges en cyclo-camping
est plus facile sur deux bicyclettes que sur un seul tandem.
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Vent
Effet du vent
L'effet se traduit facilement en partant
de la formule fondamentale bien connue.
W=[P(p+0.01)+KS(v+V)²]v
où :
- W est la puissance, ou le travail fourni par seconde,
exprimé en km/s ;
- P, le poids (cycliste + machine) exprimé en kg
;
- p, la pente ;
- KS(v+V)² le terme tenant compte de la résistance
de l'air (proportionnelle au carré de la vitesse).
Dans ce terme v est la vitesse d'avance et V la vitesse
du vent contraire.
Van Twenbeke dans "Un
ennemi : le vent debout" paru dans "Le
Cycliste" de février 1948 nous fait remarquer
:
"Il est essentiel de remarquer
que si le cycliste affronte un vent de vitesse V (soit 10m/s)
à une vitesse v (soit 5 m/s), le terme tenant compte
de la résistance de l'air prendra la forme KS(v+V)².
La vitesse relative du cycliste par rapport au vent est
en effet v+V (15 m/s). (...) Il est évidemment possible
de réduire l'influence du vent en réduisant
S, la surface maîtresse. Inutile d'insister sur l'avantage
du guidon "trois positions" et... celui de s'abriter
dans le sillage d'un compagnon de route."
Notre avis
Le tandem est une formidable machine à
combattre le vent de face. Par contre, le vent de côté
est un vrai martyre. En effet dans ce cas, le tandem "redevient"
deux vélos et le bénéfice d'une seule
surface pour deux est annihilé.
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Voyage
L'essence du cyclotourisme
Le voyage à
vélo est la vraie expression du cyclotourisme. Que
ce soit en camping, à l'hotel ou en gîte, de
nouveaux horizons sont ainsi accessibles. Tout le reste
: les sorties dominicales, les brevets servent avant tout
à préparer nos excursions sur plusieurs jours
où, en parfaite liberté, nous profitons de
notre temps.
Henri de la Tombelle, répondant à
Marcel Cherva dans "Cyclo-Magazine" présentait
les voyages à bicyclette comme suit :
"(...) ils sont une succession de
joies méritées: joie des belles descentes
après les montées rudes, joie de manger et
boire après avoir gagné son pain, son fromage
et son demi de bière « à la sueur de
son front », joie de l'étape enfin atteinte,
du repos réparateur, toutes voluptés saines,
puisqu'elles sont la récompense d'un effort.
Voyant la chose de plus haut, je dirai que la bicyclette
rétablit les valeurs : temps et espace dans leur
harmonieuse et utile vérité. On tire gloire,
aujourd'hui, de vaincre le temps et de réduire l'espace.
Jusqu'à ce que l'homme soit obligé de tourner
sans fin autour de la terre comme un écureuil dans
son étroite cage cylindrique, on ne sera pas satisfait.
Orgueil cruel et absurde !
La distance, le temps-espace, l'espace-temps, l'impression
que quelque chose est loin, que la terre est grande, que
l'étape est longue, sont indispensables à
la mise en page, si je puis dire, de nos sensations. Nous
avons besoin d'infini. Nous avons besoin de distance. Songez
à l'ivresse des anciens explorateurs découvrant
le Soudan après des semaines de caravane périlleuse
et épuisante. Oserez-vous lui comparer le sourire
béat du touriste qui traverse l'océan de sable
en trois jours d'auto-chenille ou d'autocar à six
roues ?
Gloire à la bicyclette qui rappelle à l'homme
qu'il existe encore des distances, qui met à belle
épreuve sa résistance et sa patience, qui,
maintenant le temps et l'espace au rang des valeurs primordiales
lui fait goûter la fraîcheur de la source, la
douceur du bon accueil, le hasard d'un abri, qui l'initie
à l'aventure, éduque son courage, l'aide à
redécouvrir le charme de - l'aller devant soi - dans
son imprévu et sa diversité.
La bicyclette est l'instrument merveilleux qui permet au
«touriste » de redevenir un voyageur. "
Mais sans voiture suiveuse, gage
essentiel de la liberté, il faut pouvoir transporter
ses propres bagages.
Comment transporter ses bagages ?
Certains se contenteront de n'emporter qu'un
imperméable, un chandail, deux chemises ou polos,
un nécessaire de toilette réduit et quelques
cartes. D'autres partiront en camping, en emmenant avec
eux la toile de tente, le sac de couchage et les ustensiles
de cuisine.
Louis Pitard, le constructeur et cyclotouriste
au long cours, a rédigé un article très
intéressant dans "Le
Cycliste" de juillet 1950 intitulé :
"De la meilleure façon
de transporter le matériel du cyclo-campeur".
"L'inconvénient n°1 du
campeur, c'est le poids à transporter. Il s'agit
donc :
- de réduire ce poids au minimum,
- d'arriver à ce que le poids gêne le moins
possible la conduite du vélo ou du tandem, et le
rendement proprement dit.
Pour atteindre ce but, il faut progressivement éliminer
tout le matériel inutile. Après chaque voyage
ou chaque sortie, remarquer ce qui n'a servi à rien,
et la fois suivante, en tenir compte pour ne pas emporter
à nouveau des choses inutiles.
Le choix du mode de transport variera suivant les moyens
et les goûts du campeur.
Tel qui campe à la sauvette avec un matériel
léger, ne s'équipera pas comme celui qui aime
le camping fixe. Le campeur solitaire ne se trouvera pas
dans les mêmes conditions que celui qui campe avec
son épouse, un équipier ou un groupe.
Le choix variera également suivant que l'on voudra
conserver sa bicyclette ou son tandem existant ou que l'on
prévoit de s'équiper complètement.
Personnellement, aimant camper et néanmoins disposant
d'une machine légère, j'ai recherché
:
- le matériel le plus léger possible,
- la meilleure disposition des sacoches, de façon
que la charge n'ait aucune influence sur la direction. C'est
pourquoi, après avoir supprimé le porte-bagages
à plateforme et établi le porte-bagages étroit
à cadre, j'ai fait descendre, petit à petit,
la charge jusqu'à ce qu'elle se centre sur les axes
des roues.
(...)
Puis, plus tard, s'étant rendu compte que, plus on
chargeait les sacoches latérales, plus on obtenait
de facilité dans la conduite, on supprima la grande
plateforme pour ne se servir que des sacoches latérales.
(...)
Enfin, ces dernières années, le cadre en tubes
légers étant de plus en plus utilisé,
et pour éviter toute vibration que ce genre de cadre
peut engendrer, j'ai encore baissé la charge, et
ce fut le porte-bagages surbaissé.
(...)
A l'avant, longtemps on accrocha simplement au guidon une
sacoche plus ou moins spacieuse, avec un nombre de poches
plus ou moins grand.
Nous avions même établi un modèle de
porte-bagages AV servant de support à l'armature
d'un sac à dos. Pour ne pas brider la fourche, nous
l'avions articulé et lui faisions prendre appui sur
les tasseaux de frein.
L'influence des Concours fit demander le porte-sacoche AV
pour sacoches latérales, et ces porte-sacoches subirent
alors la même évolution que les porte-bagages
AR.
En dehors du camping, bien des cyclotouristes préfèrent,
et à juste raison, les sacoches à l'avant
aux sacoches à l'arrière. Le dernier progrès
de porte-bagages AV est donc maintenant, selon moi, le porte-bagages
AV surbaissé.
(...)
Avec la même disposition de sacoches, un tandem extra-léger
nous sert pour des sorties en camping, et, les porte-bagages
se démontant rapidement, pour des randonnées
sportives, comme Paris-Brest-Paris 1948.
Lorsque nous campons à tandem, nous n'emportons que
le strict nécessaire ; pour les grands voyages nous
préférons les vélos qui nous permettent
de disposer de 8 sacoches au lieu de 4. Alors, je prends
en charge tout le matériel lourd laissant à
ma femme le plus volumineux et le moins pesant.
Apparemment, nous sommes également chargés
et la différence de poids établit un handicap
qui nous permet d'avoir une allure de marche identique.
Mais s'il nous fallait voyager à tandem pour une
longue durée, nous reprendrions la remorque légère
(...).
Partant des considérations précédentes,
la bicyclette de camping, spécialement aménagée,
sera la monture du cyclo qui fait du camping son activité
principale. Elle évitera le transport du poids mort
d'une remorque, mais elle l'obligera à prévoir
un chargement bien réparti et bien équilibré.
Dotée de bons freins, d'une bonne gamme de développements
qui permettra d'arriver en fin d'étape sans fatigue
anormale, elle devra comporter porte-bagages AV et AR permettant
l'emploi de sacoches latérales.
En principe, l'avant sera chargé (de tout ce qui
est lourd sous un petit volume, et l'arrière de tout
ce qui est léger sous un gros volume.
Par exemple : à l'avant : tente et matelas, à
l'arrière : duvets et vêtements.
Dans le cas d'une bicyclette en tubes légers, il
est indispensable d'avoir, soit des porte-bagages surbaissés,
soit d'utiliser la remorque, les tubes légers ayant
une flexibilité qui ne s'accorde pas facilement avec
la charge du camping. (...)"
Notre expérience
Ce texte de Louis Pitard découvert
bien des années après que nous nous soyons
fait notre propre expérience est tout à fait
conforme à nos conclusions. Pour le cyclo-camping,
nous utilisons nos bicyclettes et pour les voyages à
l'hôtel, le tandem. Le chargement s'effectue sur la
roue avant.
Il est vrai que la pratique des "ignorants" montre
à longueur de magazines ou de catalogues de vastes
fontes à installer sur le porte-bagages AR au mépris
de la facilité de conduite. C'est d'ailleurs à
ce détail (poids à l'arrière ou réparti
sur l'avant et l'arrière) que nous jugeons le cyclotouriste.
Dis-moi comment tu charges, je te dirai quel cyclo tu es
!
Références
- Louis Pitard, Le micro des constructeurs
: De la meilleure façon de transporter le matériel
du cyclo-campeur, "Le Cycliste", n°7,
1950, p. 163 & 164.
- M. Cherva, H. de la Tombelle, Que pensez-vous du voyage
à bicyclette ?, "Cyclo-Magazine",
n.30, août 1937, p.11.
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Wishbone
Wishbone ?
Wishbone en français : bréchet.
Le bréchet c'est la "crête
médiane du sternum de la plupart des oiseaux, sur
lesquels s'insèrent les muscles des ailes"
d'après le dictionnaire Larousse.
C'est aussi ce tube unique de fort diamètre
qui réunit les haubans au tube de selle. La forme
en Y inversé se rapprocherait de cet os. L'objectif
de ce montage est d'augmenter la rigidité en gardant
une section importante, gage d'inertie, au plus près
du pneu.
Le wishbone est utilisé sur de nombreuses
machines et en particulier sur les cadres mixtes où
l'arrière réalisé en fibres de carbone
est emmanché dans un tube unique en aluminium descendant
du cadre.
Une nouveauté de 1896 !
Cette nouveauté des machines modernes
a en fait été brevetée le 10 décembre
1896 par Paul de Vivie pour son cadre "équiangle"
qui prévoyait "une disposition
de fourche arrière supérieure (les haubans)
dont le haut des tubes est remplacé par un seul gros
tube brasé d'une part au cadre et d'autre part à
un raccord spécial formant pont d'où partent
les haubans."
Références
- R. Henry, "Paul de Vivie dit Vélocio",
Ed. Musée d'Art et d'Industrie Saint Etienne,2005,
p. 241.
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Mise
à jour : 01.09.2009
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